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QuEst-Ce Que La Polyphonie ? à Quelle éPoque ApparaîT-Elle ?

QuEst-Ce Que La Polyphonie ? à Quelle éPoque ApparaîT-Elle ?
Dans la musique occidentale, la polyphonie désigne le système de composition musicale, créé à l’église à partir du IX e siècle environ et qui connut un brillant développement, depuis un premier apogée aux XII e et XIII e siècles, jusqu’à la fin de la Renaissance (fin du XVI e siècle) et au-delà.

Quel est la définition de polyphonie ?

Assemblage de voix ou d’instruments, sans préjuger de leur nature.2. Écriture à plusieurs voix, obéissant aux règles du contrepoint.

Quand Parle-t-on de polyphonie ?

La polyphonie est un terme souvent utilisé pour décrire la combinaison de plusieurs mélodies ou de parties musicales, chantées ou jouées en même temps. Par exemple, un synthétiseur polyphonique est un synthétiseur qui peut reproduire plusieurs notes simultanément, par opposition à un synthétiseur monophonique.

Quelle est l’origine du mot polyphonie ?

POLYPHONIE n.f. XIX e siècle. Emprunté du grec poluphônia, « grand nombre de voix ou de sons », lui-même composé à l’aide de polus, « abondant, nombreux », et phônê, « son, voix ».

Quelles sont les caractéristiques de la polyphonie ?

Polyphonie Le terme polyphonie désigne, en musique, l’écriture en plusieurs voix simultanées, ayant chacune une dynamique propre (plusieurs mélodies ensemble). On peut opposer la polyphonie à la monodie, qui est le chant d’une seule voix, ou à la mélodie ou monodie accompagnée, qui est une voix (une mélodie) accompagnée par des blocs harmoniques (accords).

  1. L’idée répandue que la polyphonie serait un art horizontal et la mélodie accompagnée un art vertical est fausse.
  2. Dans les deux cas, la musique est harmonisée et chantante dans ses voix.
  3. Il s’agit avant tout d’une hiérarchie dans l’exposition du chant.
  4. Dans la polyphonie toutes les voix assurent à la fois le chant et la texture harmonique, alors que dans la mélodie accompagnée (souvent improprement appelée musique harmonique), les fonctions sont dissociées dans leur conception, mais harmonie (accords) et mélodie doivenet toutefois être compatibles entre elles.

Historiquement la polyphonie savante se place entre le plain-chant et la monodie accompagnée. On peut y voir une symbolisation de la vision du monde que pouvaient avoir les milieux chantants. Le plain-chant des moines, chant uni (plain, plan, plat) d’un chœur ne faisant qu’une voix, le troupeau uni et humble de Dieu.

La polyphonie, ensemble et croisements de destins particuliers, dont l’harmonie quelque peu hasardeuse est due à une volonté supérieure dont on ignore en grande partie le plan. La mélodie accompagnée, d’un monde plus maîtrisé par les hommes, avec un chant unique et un accompagnement servile. La musique de la domination et de la soumission au maître, prince ou Dieu.

La polyphonie savante apparaît au XII e siècle, avec les motets, organums, conduits, elle connaît son apogée avec l’art du contrepoint de Johann Sebastian Bach. « Benedicamus Domino » à deux voix, extrait de la Messe de la Nativité de la Vierge, de Léonin, École de Notre-Dame de Paris, xii e siècle.

Ensemble Organum sous la direction de Marcel Peres. Guillame de Machaut (v.1300-1377), Amours qui ha le pouoir (motet). Ensemble Gilles Binchois, sous la direction la direction de D. Vellard. Johann Sbastian Bach, L’offrande musicale (BWV 1079), sonate en trio, 2 e mouvement, allegro, Musica Antiqua Köln (Reinhard Goebel).

Wilbert Hazelzet (flûte), Reinhard Goebel (violon), Charles Medlam (viole de gambe).

Quels sont les différents types de polyphonie ?

1 PERRIN, Laurent, « Le sens et ses voix », in Recherches linguistiques, N° 28, Metz, Université Paul (.)

1 Très utilisé en linguistique moderne, le terme « polyphonie » renvoie à des phénomènes que l’on peut classer en deux familles : ceux qui concernent l’allusion, par un unique énoncé, à plusieurs contenus ; et ceux qui concernent la présence de plusieurs instances énonçantes à l’intérieur de l’énonciation.

On trouvera un panorama de ces diverses approches dans Perrin et Colas-Blaise 1,2 Dans la première de ces deux acceptions, la plus banale, le terme « polyphonie » renvoie au cas où un locuteur fait volontairement entendre plusieurs contenus, sans qu’il lui soit possible de nier les avoir évoqués : exprimés en même temps, ces contenus s’ajouteraient pour constituer le sens de l’énoncé.

On peut distinguer ce que j’appellerai une « polyphonie sémantique », attachée au nom de Ducrot, et une « polyphonie intertextuelle », attachée à celui de Bakhtine. Un exemple de polyphonie sémantique est offert par la présupposition : 3 (1) Pierre a cessé de dormir 

 4 Le locuteur de (1) communique en effet à la fois que Pierre ne dort pas et que Pierre dormait auparavant.

L’objet de sa prise de parole est le contenu (c’est lui qui est interrogé par la forme interrogative est-ce que Pierre a cessé de dormir ? ) et à ce premier contenu s’ajoute un second,, que le locuteur accepte également même s’il n’est pas l’objet déclaré de sa prise de parole (ce second contenu n’est pas atteint par l’interrogation).

Le premier contenu est qualifié de « posé », le second, de « présupposé » ; le locuteur fait entendre les deux.5 On distinguera la présupposition des phénomènes de sous-entendu, qui, à ma connaissance, ne sont jamais qualifiés de polyphoniques. Il y a certes une parenté entre l’exemple précédent et le suivant : 6 (2) quelques étudiants sont venus à la journée organisée par le centre 

 7 Puisque, de même que le premier exemple fait entendre de manière implicite que Pierre dormait auparavant, de même ce deuxième exemple fait entendre de manière implicite que quelques étudiants ne sont pas venus.

  • Mais le contenu ne constitue pas pour autant un présupposé de (2) car il n’est pas clairement maintenu à l’interrogation – le locuteur de est-ce que quelques étudiants sont venus ? ne semble pas nécessairement le communiquer.
  • Et surtout, alors que tout énoncé de la phrase Pierre a cessé de dormir communique le présupposé que Pierre dormait auparavant, par contre certains énoncés de quelques étudiants sont venus ne communiquent pas que quelques étudiants ne sont pas venus : 8 (3) Quelques étudiants sont venus, peut-être même tous 

 9 Un locuteur peut toujours nier avoir sous-entendu une proposition, ce qui n’est pas possible lorsque la proposition est présupposée.10 L’évocation intertextuelle partage avec la présupposition le fait de ne pas être reniable : 11 (4) Je crée donc je suis.

Le premier acte de vie est un acte créateur. (Romain Rolland, Le Voyage intérieur ) 

 12 Le locuteur de je crée donc je suis ne peut contester l’allusion au Cogito de Descartes, et en cela son discours ressemble à Pierre a cessé de dormir, On notera cependant qu’il ne prend pas position vis-à-vis du Cogito.

  • Il y fait allusion mais sans l’affirmer, ni le rejeter, ni le remplacer, ni même le transformer : le locuteur ne cherche aucune vérité première, apte à servir de fondement à la philosophie ; il ne prend pas position vis-à-vis de Descartes.
  • Il se contente de faire résonner la formule de Descartes dans sa propre parole, comme pour placer son discours à côté de celui de Descartes, comme pour ajouter son propre discours à une sorte de Discours total, constitué de toutes les paroles (philosophiques) déjà tenues.

Alors que le locuteur de Pierre a cessé de dormir communique que Pierre dormait auparavant, le locuteur de je crée donc je suis ne communique pas à proprement parler le contenu, Je parlerai de polyphonie intertextuelle.13 La polyphonie sémantique et la polyphonie intertextuelle partagent ainsi le fait d’être déclarées.

Elles se distinguent par contre par la manière dont le contenu supplémentaire est évoqué et par la position du locuteur vis-à-vis de ce contenu. Lorsque la polyphonie est sémantique, l’allusion à plusieurs contenus est préfigurée dans la signification de la phrase énoncée et le locuteur prend position vis-à-vis de ces contenus ; lorsque la polyphonie est intertextuelle, l’allusion à plusieurs contenus découle de ce que l’assemblage de mots fait allusion à un assemblage passé, et le locuteur prend seulement position vis-à-vis du contenu compositionnel de l’assemblage nouveau.

C’est la polyphonie sémantique qui m’intéressera par la suite et que je discuterai.

2 DUCROT, Oswald, Dire et ne pas dire, Paris, Hermann, 1972. 3 RUSSELL, Bertrand, « On denoting », Mind, 14, traduction française de Roy J-M., in Écrits de logiqu (.) 4 FREGE, Gottlob, « Sens et dénotation », traduit par Imbert, Cl., in Écrits logiques et philosophiqu (.)

14 Car les présupposés sont-ils vraiment source de polyphonie ? Constituent-ils effectivement, comme le propose Ducrot, des contenus indépendants des posés, ajoutés en arrière plan de ces derniers et communiqués comme eux par le locuteur 2 ? Ne faudrait-il pas mieux, comme le proposait Russell, fondre le posé et le présupposé dans un contenu unique 3 ? Ou même, comme le proposait Frege, exclure les présupposés de ce qui est communiqué et voir dans leur acceptation un simple préalable pour que le contenu posé ait une valeur de vérité 4 ? Dans un cas comme dans l’autre, on détruirait l’hypothèse que la présupposition est cause d’une polyphonie sémantique.15 Les formes linguistiques favorables à la description de Frege sont assez rares.

On pensera à des exemples comme le suivant dont le groupe nominal la mousse présuppose le contenu, relatif à l’existence de la mousse : 16 (5) On entra dans une vieille cabane. La mousse la rendait glissante. 17 
On parle alors d’emploi existentiel de l’article défini, par opposition à son emploi anaphorique que l’on trouve par exemple dans (6) : 18 (6) On arriva à Dijon.

La ville était déjà décorée pour Noël. 19 (Le groupe nominal la ville a en effet pour seule fonction de faire référence à Dijon : le contenu existentiel, si jamais il est évoqué, est déjà communiqué par l’occurrence de Dijon dans la première phrase.) Les emplois existentiels de l’article défini, je l’annonçais, sont favorables à la description de Frege : l’existence de l’objet dont parle l’énoncé (la mousse) est bien un préalable pour que le groupe verbal ( rendre glissant ) s’applique à quelque chose et que l’énoncé global ait un sens, soit, en particulier, une valeur de vérité.

  1. Cependant, ces cas ne sauraient servir de modèle à la présupposition car les contenus présupposés n’ont pas toujours pour fonction de donner un sens au jugement posé.
  2. Dans le vers de Victor Hugo qui suit, la description d’un songe où Napoléon voit les conséquences de ses échecs, l’article défini est anaphorique et c’est l’adjectif horrible du groupe nominal sujet qui introduit un présupposé, à savoir le jugement incident : 20 (7) L’horrible vision s’éteignit (Hugo, Expiation ) 

 21 Or ce présupposé ne constitue pas un préalable pour que le jugement principal ait un sens : il n’est pas nécessaire de supposer que la vision était horrible pour qu’il y ait un sens à dire qu’elle s’éteignit.

Il ne s’agit pas d’une condition au bon emploi de la vision s’éteignit, mais bien d’un second contenu qui s’ajoute au contenu principal et est également communiqué par le vers de Hugo. Sauf peut-être lorsqu’ils sont de nature existentielle, les présupposés sont à intégrer au sens de l’énoncé.22 Sont-ils pour autant, comme le propose Ducrot, source de polyphonie ? Sont-ils effectivement disjoints du posé ou doivent-ils au contraire, comme le propose Russell, être fondus à ce dernier ? Commençons, à titre d’exemple, par revenir sur l’énoncé Pierre a cessé de dormir,

Nous avons vu que cet énoncé présuppose que Pierre dormait et pose qu’il ne dort pas. La connaissance du sommeil passé de Pierre n’étant pas un préalable pour que le jugement ait une valeur de vérité, nous sommes dans un cas où l’énoncé communique son présupposé. La question est de déterminer si ce présupposé est indépendant du posé.

Selon Ducrot, tel est le cas ; selon moi, non. Les énoncés dont les présupposés sont source de polyphonie, s’ils existent bien, sont, je crois, plus rares que ne le supposait Ducrot.23 L’argument de Ducrot pour voir dans la présupposition une source systématique de polyphonie était que la locution ne pas n’agit pas de la même manière sur le posé et sur le présupposé (le locuteur de Pierre n’a pas cessé de dormir nie que Pierre ne dort pas mais maintient que Pierre dormait auparavant).

Cela disqualifiait l’hypothèse russellienne selon laquelle le posé et le présupposé seraient coordonnés par la conjonction logique et, c’est-à-dire additionnés, de manière symétrique, en un unique contenu, et conduisait donc Ducrot à voir dans le présupposé et le posé deux contenus indépendants, objets de deux actes d’affirmation distincts, l’acte de présupposer et l’acte de poser.

Pour ma part, j’admets bien sûr que la locution nepas n’agit pas de la même manière sur le présupposé et sur le posé mais j’y vois une conséquence de ce que les deux contenus sont fondus en un seul contenu, non au moyen de la conjonction symétrique et, mais par une conjonction dissymétrique du type de donc ou de pourtant,

Précisons donc : si l’hypothèse particulière d’une conjonction logique du posé et du présupposé de Pierre a cessé de dormir doit être abandonnée, l’hypothèse plus générale que ces contenus sont imbriqués doit être maintenue ; ils sont argumentativement reliés. On notera dans ce sens que cesser de dormir ne consiste pas à avoir dormi auparavant et à, d’autre part, ne pas dormir actuellement : je dormais cette nuit, je ne dors pas cet après-midi, on ne dira pas pour autant de moi que j’ai cessé de dormir.

Le locuteur de Pierre a cessé de dormir, par son emploi même de cesser, affirme un changement, c’est-à-dire le passage d’un état à un autre état, et non l’existence de deux états. Selon lui, Pierre ne dort pas alors que il dormait auparavant : Pierre est-éveillé-malgré-son-précédent-état-de-sommeil.

  • Le présupposé et le posé sont liés et forment, non pas deux prédicats logiques indépendants, affirmés séparément, mais un unique prédicat argumentatif être-éveillé-malgré-son-précédent-état-de-sommeil.
  • Contrairement aux prédicats logiques et à leur simple addition, ce prédicat argumentatif n’a pas de condition de vérité car l’opposition de deux états (marquée ici par malgré ) n’est pas observable dans le monde – tout au plus peut-on observer la simultanéité de deux états.

Par ailleurs, la négation le transforme en un autre prédicat argumentatif, de nature non plus oppositive mais consécutive : Pierre n’a pas cessé de dormir signifie que Pierre dort étant donné qu’il dormait auparavant, son état de sommeil dure, il dort-parce-qu’il-dormait-auparavant.

  1. Les groupes verbaux cesser de dormir et ne pas cesser de dormir font ainsi partie des expressions linguistiques qui ont pour signification des prédicats argumentatifs du type être-Q-bien-que-être-P ou être-Q-parce-que-être-P,
  2. Leur emploi permet au locuteur de dire que ce dont il parle est à la fois P et Q mais le présupposé ceci est P est alors fondu au posé ceci est Q de sorte que finalement un seul contenu est communiqué.

Le locuteur de Pierre a cessé de dormir communique l’unique contenu, La présupposition est ici signe de ce que Pierre est décrit par un prédicat argumentatif ; elle n’engendre aucune polyphonie sémantique.24 Cela ne signifie bien sûr pas que tous les phénomènes de présupposition sont signes de l’argumentativité du contenu communiqué.

La présupposition sous-jacente à Pierre a cessé de dormir est d’origine argumentative mais ce n’est pas le cas de la présupposition sous-jacente à l’horrible vision s’éteignit : cette fois, le locuteur n’établit aucun lien argumentatif entre le contenu présupposé et le contenu posé et la présupposition est source de polyphonie.

Ce que les exemples montrent, c’est qu’il existe deux formes de présupposition, une présupposition argumentative (celle de l’exemple Pierre a cessé de dormir ), qui n’est source d’aucune polyphonie, et une présupposition polyphonique (celle de l’exemple l’horrible vision s’éteignit ), qui adjoint au contenu principal un second contenu d’arrière plan.

  • La polyphonie sémantique existe mais de façon moins large que ne le supposait Ducrot.25 Peut-on linguistiquement prévoir les cas où la présupposition sera source de polyphonie ? Lorsqu’elle a pour origine un jugement incident, cette prévision ne semble pas être possible.
  • Ainsi, le vers de Hugo, nous l’avons vu, est polyphonique, mais le vers de La Fontaine qui apparaît sous (8) ne l’est pas : 26 (8) sa peccadille fut jugée un cas pendable (La Fontaine, Les Animaux Malades de la Peste ) 

 27 (il est question de la faute dont l’âne s’accuse lors de l’enquête des animaux sur les raisons de la peste : brouter l’herbe d’un pré de moines).
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Son locuteur ne communique pas deux jugements indépendants, l’un selon lequel brouter l’herbe serait une peccadille, et l’autre selon lequel il s’agirait d’un cas pendable : il contraste ces deux contenus et affirme leur opposition ; il pose que brouter l’herbe fut-jugé-un-cas-pendable-bien-que-ce-fût-une-peccadille.

5 BERRENDONNER, Alain, Éléments de pragmatique linguistique, Paris, Minuit, 1981.

28 À l’inverse, lorsque la présupposition est d’origine lexicale, il semble qu’elle soit toujours argumentative. Le locuteur de Pierre prétend que Marie est venue présuppose que certains pensent que Marie n’est pas venue 5 et oppose ce présupposé au fait que Pierre dit que Marie est venue : il décrit Pierre au moyen du prédicat argumentatif dire-que-Marie-est-venue-bien-que-certains-pensent-le-contraire.

  • Le locuteur de Pierre a été économe présuppose qu’un certain objet était inutile et déclare que cette inutilité a conduit Pierre à ne pas l’acheter : Pierre est décrit au moyen du prédicat argumentatif ne-pas-acheter-parce-que-c’est-inutile.
  • Le locuteur de Pierre a été prudent présuppose que Pierre a rencontré un danger et déclare que ce danger a conduit Pierre à prendre des précautions : Pierre est décrit au moyen du prédicat argumentatif prendre-des-précautions-à-cause-du-danger.

Le locuteur de Pierre a été indulgent avec son fils présuppose que le fils de Pierre avait fait une bêtise et oppose cela à la réaction de Pierre : Pierre est décrit au moyen du prédicat argumentatif faiblement-punir-malgré-les-fautes. Dans chacun de ces énoncés, le lien argumentatif fait partie du sens même du mot employé.

Imaginons, à titre d’exemple, qu’une faute soit commise en Australie et que je ne la punisse pas. On ne dira pas que j’ai été indulgente parce que mon absence de réaction n’est pas contraire à l’existence de cette faute, mais découle de ce que je ne participais pas à la scène ; seuls sont indulgents ceux qui n’ont-pas-puni- malgré -une-faute.29 Une dernière remarque, avant de conclure cette première partie.

La présupposition n’est pas la seule source possible de polyphonie sémantique. Il existe une autre grande famille de cas (je me demande si elle a un équivalent musical) : c’est celle des énoncés dont le locuteur, au lieu d’affirmer un contenu, au contraire le rejette : 30 (9) Pierre n’est pas grand.

Au contraire, il est minuscule. 31 Le locuteur communique à la fois le contenu négatif NEG- (selon lequel Pierre a, disons, une certaine petitesse) et le contenu positif : l’objet de sa prise de parole est le contenu négatif, mais à cela s’ajoute le rejet explicite du contenu positif. La présence de ce dernier – et du même coup son exclusion – est attestée par la suite de (10), qui l’oppose au contenu : le contraire de est en effet le contenu positif, et non pas le contenu négatif NEG-.

On notera qu’il serait par contre impossible de constituer : 32 (10) Pierre est petit. Au contraire, il est minuscule, 33 
C’est une propriété de la locution ne pas que de faire entendre, outre l’affirmation du contenu négatif, le rejet du contenu positif.

6 RABATEL, Alain, Homo narrans. Pour une étude énonciative et interactionnelle du récit, t.1 et 2, L (.) 7 MONTE, Michèle, « Le jeu des points de vue dans l’oxymore : polémique ou reformulation ? », in Lang (.)

34 On pourrait aussi se demander, à la suite de Rabatel, si la polyphonie sémantique, celle qui s’intéresse aux contenus communiqués de par la seule signification des mots, n’aurait pas intérêt à admettre, à côté des contenus posés, présupposés et rejetés, des contenus « pris en compte », c’est-à-dire montrés par le locuteur sans que ce dernier ne prenne position vis-à-vis d’eux 6,

Cela permettrait par exemple, à la suite de Monte, de résoudre énonciativement l’oxymore contenu dans l’énoncé d’Agrippa d’Aubigné 7 : 35 (11) Le soleil radieux n’est qu’une noire nuit en regard de ses yeux.36 Le locuteur de (11) affirmerait que le soleil n’est qu’une noire nuit mais il ne prendrait pas position vis-à-vis de son caractère radieux : il « prendrait en compte » le jugement incident, sans l’accepter (ce qui évite la contradiction), ni cependant le rejeter (ce qui distinguerait (11) d’un énoncé comme mes instituteurs aimaient le sublime gris qui, si on le comprend comme une critique de mes instituteurs, exclut le contenu ).

La possibilité qu’un locuteur ne prenne pas position vis-à-vis d’un contenu évoqué par son énoncé rapprocherait la polyphonie sémantique de la polyphonie intertextuelle qui traite de contenus que le locuteur fait entendre sans pour autant prendre position vis-à-vis d’eux.

Les deux formes de polyphonie se distingueraient cependant par l’origine des contenus étudiés, une origine linguistique dans le cas de la polyphonie sémantique, une origine historique dans celui de la polyphonie intertextuelle. 37 38 Second thème des études relatives à la polyphonie linguistique, la multiplicité des instances énonçantes est elle aussi abordée différemment dans les travaux inspirés de Bakhtine et dans ceux inaugurés par Ducrot.

Lorsque la polyphonie est intertextuelle, la multiplicité des voix découle d’une multiplicité des responsabilités. Le locuteur de (4) par exemple : 39 (4) Je crée donc je suis. Le premier acte de vie est un acte créateur. 40 lorsqu’il laisse entendre le Cogito, ne prend pas position vis-à-vis de cette formule, de sorte que l’énoncé je crée donc je suis donne à la fois la parole à Descartes, responsable du contenu, et à son locuteur, responsable du contenu,

Sources de contenus distincts, ces deux voix s’ajoutent, se superposent, se partagent l’énoncé je crée donc je suis : il y a multiplicité des instances énonçantes parce qu’il y a multiplicité des contenus évoqués. Cet ensemble de voix est-il structuré ? Les instances qui s’expriment dans (4) dialoguent-elles entre elles ? Je ne le crois pas car un dialogue suppose échange, réponse, écoute – même s’il s’agit de défendre une position contraire : or le contenu, s’il est ajouté au Cogito, ne constitue pas une réponse à Descartes.

Il serait plus juste de dire que les responsables de et de parlent en même temps.41 Lorsque la polyphonie est par contre sémantique, la multiplicité des instances énonçantes découle, non plus d’une multiplicité des responsabilités, mais de ce que la responsabilité du locuteur est complexe et demande, pour être décrite, d’être décomposée.

La simple distinction du posé, du présupposé et du rejet ne suffit pas, en effet, pour décrire les manières dont par exemple les locuteurs des trois discours suivants affirment que les études littéraires sur auteur n’ont pas place dans leur université : 42 (12) Je trouve que les études littéraires à propos d’un auteur n’ont pas place dans notre université.

Il faut refuser cette inscription en thèse,43 (13) Notre université n’accueille pas de thèse littéraire sur auteur. Il faut refuser cette inscription.44 (14) Il paraît que notre université n’accueille pas de thèse littéraire sur auteur. Il faut refuser cette inscription.

45 Le désengagement du locuteur de (14), en comparaison à l’engagement de celui de (12), n’est pas un écho de l’opposition du présupposé et du posé : dans (14) comme dans (12), le locuteur pose l’absence d’études littéraires sur auteur dans son université (c’est là l’objet de sa prise de parole, c’est à cela qu’il articule la suite de son discours), tout comme le fait encore le locuteur de (13).

Pour décrire ce qui distingue (12), (13) et (14), il faut analyser la notion de « responsabilité énonciative ». C’est cette analyse que propose la polyphonie sémantique en disant que les trois locuteurs précédents « prennent en charge » un même contenu (ils lui donnent la même fonction textuelle : il constitue ce à quoi le reste du discours sera articulé) mais présenté par des « voix » différentes : le locuteur de (12) laisse entendre sa propre voix ; le locuteur de (13), en prétendant s’appuyer sur des faits, laisse entendre la voix factuelle du Monde ; et le locuteur de (14), en se désengageant au profit d’une subjectivité autre que la sienne, laisse entendre la voix de celui qui, ni locuteur, ni interlocuteur, est absent de la discussion.

On notera que cette analyse de l’énonciation d’un contenu en une fonction textuelle (ici le contenu est pris en charge par les trois locuteurs) et une voix portant le contenu (qui est, dans mes exemples, celle du locuteur, du Monde, et enfin d’un absent) a pour conséquence que même un énoncé communiquant un seul contenu, par exemple fumer tue, sera partagé par plusieurs instances énonçantes, le locuteur qui prend en charge que fumer tue et la voix factuelle du Monde qui porte le contenu : c’est là une différence avec la polyphonie intertextuelle pour qui l’énoncé fumer tue serait monophonique.

C’est au rôle et à la nature des voix mobilisées par la polyphonie sémantique que je vais m’intéresser.46 Telle que je la comprends, la polyphonie sémantique prolonge la théorie énonciative de Benveniste, où sont distingués deux types d’énonciation, l’énonciation historique, qui présente des événements semblant se raconter eux-mêmes, et l’énonciation discursive, grâce à laquelle au contraire le locuteur s’adresse à un interlocuteur actif dont il attend une réaction.

Ces types d’énonciation sont en effet, selon Benveniste, ancrés dans les temps grammaticaux et constituent donc, comme tous les phénomènes de la polyphonie sémantique, des caractéristiques de la langue elle-même : le passé simple serait un indice de ce que l’énonciation est historique et la distance instaurée par le passé simple ( il entra discrètement dans sa chambre et y trouva ses parents, rouges de colère ) aurait pour origine le recours à ce type d’énonciation ; inversement, le passé composé serait un indice de ce que l’énonciation est discursive de sorte que le locuteur d’un récit au passé composé ( il est entré dans sa chambre et a trouvé ses parents, rouges de colère ) s’adresserait à son interlocuteur et du même coup l’impliquerait dans le récit.

Bien sûr d’autres linguistes, je pense à Bally, se sont intéressés à l’énonciation. Mais alors que Bally insiste sur le fait qu’un locuteur peut déclarer vrai, mais également souhaitable ou au contraire menaçant, le contenu qu’il communique, alors que Bally insiste sur le fait qu’un locuteur peut présenter aussi bien ce en quoi il croit lui-même que ce en quoi croit un autre, Benveniste s’intéresse au seul cas où le locuteur défend un contenu auquel lui-même croit et distingue à l’intérieur de ce seul cas deux types d’énonciation, l’énonciation historique et l’énonciation discursive.

8 DUCROT, Oswald, Le dire et le dit, Paris, Minuit, 1984.

47 La théorie de la polyphonie de Ducrot évite cette difficulté en proposant de distinguer le « locuteur », qui place les contenus dans le discours ou le texte en cours, et les « énonciateurs », qui, eux, garantissent les contenus communiqués 8 : ce n’est pas directement vis-à-vis d’un contenu que le locuteur prend position en le posant, le présupposant, ou le rejetant, mais indirectement en prenant en charge, accordant ou excluant la voix qui porte le contenu et le garantit.

Certes le locuteur joue parfois lui-même le rôle de l’énonciateur : c’est ce que marque l’emploi de je trouve que et le locuteur de (12) à la fois prend en charge la voix qui porte le contenu et se donne comme le garant de ce contenu. Mais le locuteur peut aussi laisser le rôle d’énonciateur à d’autres et c’est ce que marque l’emploi de il paraît que : le locuteur de (14) prend en charge la voix qui porte le contenu mais sans lui-même garantir ce contenu.

À la remarque banale qu’un locuteur peut présenter un contenu qui ne constitue pas une de ses croyances, Ducrot ajoute, et c’est inattendu, que le locuteur peut prendre en charge un contenu dont il n’est pas lui-même le garant, et le prendre en charge exactement comme s’il en était lui-même le garant, cela indépendamment de celui qui garantit finalement le contenu – il peut s’agir d’une autorité ( selon les enseignants les plus anciens, notre université n’accueille pas de thèse sur un auteur littéraire ) comme d’une subjectivité quelconque, autre que lui-même ( il paraît que notre université n’accueille pas de thèse sur un auteur littéraire ).

9 NOLKE, Henning, FLOTTUM, Kjersti et NOREN, Coco, ScaPoLine. La Théorie Scandinave de la Polyphonie, (.)

48 Les énonciateurs de Ducrot sont essentiellement des individus, souvent décrits dans Le dire et le dit comme les sources des contenus qu’ils garantissent, c’est-à-dire comme ceux qui croient dans ces contenus et par l’intermédiaire desquels les contenus sont apportés au locuteur.

La Scapoline, théorie scandinave de la polyphonie, systématise cette analyse de la responsabilité énonciative comme l’indication des sources des contenus utilisés par le locuteur 9, Ducrot accepte également l’énonciateur ON, emprunté de façon peut-être un peu abusive à Berrendonner, et qui représente l’opinion publique, la doxa : c’est cet énonciateur qui garantirait les lieux communs véhiculés par nos discours, par exemple le contenu de plus on est riche, plus on est heureux véhiculé par la suite il est riche donc il est heureux – on voit encore sur cet exemple que Ducrot a tendance à assimiler les garants des contenus avec leurs sources : l’énonciateur de est ON car ce lieu commun est une croyance de l’opinion publique.

Le Fantôme de la vérité, introduit également par Berrendonner et qui représenterait la voix des faits, la voix du Monde, n’est en revanche pas repris dans Ducrot.49 Cette formulation en termes d’énonciateurs a conduit Ducrot à baptiser sa théorie de l’énonciation du nom de « théorie de la polyphonie », faisant ainsi allusion à Bakhtine : dans les deux cas, des instances autres que le locuteur se font entendre.

Mais alors que les voix de la polyphonie intertextuelle sont indépendantes du locuteur et ajoutent aux contenus que ce dernier soutient les contenus auxquels elles-mêmes croient, les voix de la polyphonie sémantique sont utilisées par le locuteur pour graduer sa propre responsabilité vis-à-vis des contenus introduits : il s’agit, pour Ducrot, de représenter la seule énonciation du locuteur, sous ses différentes formes.

Y parvient-il ? Je ne le crois pas, et cela précisément à cause de ce qui apparente sa théorie à la polyphonie intertextuelle, à savoir l’hypothèse que les énonciateurs sont des êtres individuels sources des contenus. En effet, autant Benveniste était avare en types d’énonciation – de sorte que les types d’exemples étaient plus nombreux que ses types d’énonciation –, autant la théorie de la polyphonie multiplie par contre les types d’énonciation puisqu’à chaque individu correspondra un énonciateur et donc une forme d’énonciation.

10 ARNAULD, Antoine et NICOLE, Pierre, La logique ou l’art de penser, Paris, Flammarion, 1962/1978.

50 L’exemple est classique : il est donné par Arnauld et Nicole dans leur Logique 10, Il s’agit de (15) : 51 (15) les philosophes nous assurent que les choses pesantes tombent d’elles-mêmes en bas. 52 On peut le comprendre de deux manières. Le locuteur peut d’abord vouloir, au moyen de cet énoncé, décrire les philosophes en rapportant une de leurs opinions, comme lorsque je continue avec or cela est une erreur ; par conséquent il peut se faire que les philosophes enseignent une erreur,

  • Lors d’un tel emploi, le contenu communiqué est ; il concerne les philosophes.
  • Mais une seconde lecture de l’exemple de Port Royal est possible, selon laquelle cette fois il constitue une affirmation modalisée de ce que les choses pesantes tombent d’elles-mêmes en bas.
  • Le contenu introduit est alors et le locuteur pourra poursuivre par donc les choses ne sont pas seulement étendue mais aussi volonté,
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Sous cette seconde lecture, le verbe assurer est en emploi modal : il ne communique plus son sens, mais sert seulement, à la manière de la locution il paraît que, à introduire le contenu de la proposition qui lui est syntaxiquement subordonnée. Ces remarques sur le verbe assurer peuvent se généraliser à tous les verbes de dire, et en particulier au plus banal d’entre eux, le verbe dire lui-même.

On distinguera un emploi non modal de Marie dit que p, qui attribue à Marie la propriété de dire que p : 53 (16) Marie dit que la crise économique est derrière nous, elle est vraiment optimiste.54 Le locuteur prend en charge le contenu, porté par la voix du Monde (ou peut-être celle du locuteur) ; 

et un emploi modal de Marie dit que p qui constitue une affirmation modalisée de : 55 (17) Marie dit que la crise économique est derrière nous, Jean devrait rapidement retrouver du travail.56 Le locuteur prend en charge le contenu, porté par l’énonciateur individuel qu’est Marie.

Le fait que ce soit Marie qui ait parlé de la fin de la crise économique appartient au premier plan de ce qui est communiqué par (16) mais perd de son importance dans (17) où l’on pourrait remplacer Marie dit que par Pierre dit que ou encore il paraît que : l’objet de la prise de parole est dans (17) la fin de la crise elle-même et la locution Marie dit que marque simplement un désengagement énonciatif du locuteur.

11 Voir CAREL, Marion, « Polyphonie et argumentation », in BIRKELUND, MOSEGAARD et NORÉN (ed.), L’énon (.)

57 C’est précisément là qu’apparaît le défaut de l’assimilation des énonciateurs aux sources des contenus, car cette assimilation amène à distinguer énonciativement l’emploi modal de Marie dit que p et l’emploi modal de Pierre dit que p puisque les énonciateurs mis en scène seront respectivement Marie et Pierre, deux individus différents.

Or le désengagement du locuteur est le même dans les deux cas. On manque donc l’objectif de décrire les manières dont un locuteur peut présenter un contenu si l’on assimile les énonciateurs aux sources des contenus. La « théorie argumentative de la polyphonie » (TAP), que je construis actuellement avec Oswald Ducrot et Alfredo Lescano revient à ce qui était son premier objectif – décrire les types de présentation d’un contenu, et propose de voir dans les énonciateurs, non pas les sources des contenus, mais des êtres mythiques, en nombre restreint 11,

Il y a la voix du Monde qui permet au locuteur de prendre un ton factuel et qui apparaît dans ce que j’appelle le mode énonciatif du trouvé : le contenu apparaît comme trouvé, rencontré, par le locuteur, sans qu’aucune subjectivité n’ait de rôle dans sa conception.

Je crois ainsi possible de décrire les textes « historiques », au sens de Benveniste, sans supposer une disparition du locuteur : le locuteur reste présent mais prend un ton factuel et c’est en cela que consiste son apparent effacement). Il y a la voix de l’Absent, qui permet au locuteur de se désengager au profit d’une autre subjectivité : les contenus apparaissent alors comme reçus par le locuteur.

Il y a enfin la voix du Locuteur, qui permet au locuteur de prendre un ton engagé et définit ce que j’appelle le mode du conçu : le contenu apparaît comme conçu par le locuteur au moment même de l’énonciation. Cette dernière voix est aussi mythique que les autres.

  1. Elle représente, non pas l’individualité du locuteur, dans ce qui le distingue d’autres locuteurs, responsables d’autres énoncés, mais le fait qu’il s’engage dans son énoncé.
  2. On peut appliquer cela aux exemples que nous avons déjà vus : 58 (12) Je trouve que les études littéraires à propos d’un auteur n’ont pas place dans notre université.

Il faut refuser cette inscription en thèse,59 (13) Notre université n’inscrit pas de thèse littéraire sur auteur. Il faut refuser cette inscription,60 (14) Il paraît que notre université n’inscrit pas de thèse littéraire sur auteur. Il faut refuser cette inscription.

61 Les trois locuteurs prennent en charge que les études littéraires sur auteur n’ont pas leur place dans leur université, mais ce contenu est présenté sous des modes énonciatifs différents : dans (12), il apparaît sur le mode du conçu ; dans (13), il apparaît sur le mode du trouvé ; dans (14) enfin, il apparaît sur le mode du reçu.

C’est également sur le mode du reçu qu’apparaît le contenu, pris en charge par le locuteur de l’emploi modal de dire : 62 (17) Marie dit que la crise économique est derrière nous, Pierre devrait rapidement retrouver du travail. 63 Le fait, indéniable, que le locuteur précise que la source de ce contenu est Marie, précision que n’apporte pas par exemple le locuteur d’un il paraît que, n’influence ni le contenu pris en charge lui-même (il s’agit de ), ni le ton sur lequel ce contenu est communiqué par (17).

Il est inscrit en arrière-plan, à l’intérieur d’un contenu, non plus pris en charge, mais seulement accordé : certes communiqué, le fait que Marie a la propriété de dire que la crise économique est derrière nous n’est pas l’objet de la prise de parole et n’a pas non plus de rôle énonciatif au niveau principal du discours.

D’autres personnes énonciatives, d’autres tons, d’autres modes énonciatifs (ces termes de personne énonciative, de ton, de mode énonciatif, sont pour moi des façons de parler équivalentes) pourront être ajoutés, mais ils resteront en nombre limité, tout comme les types d’énonciation discernés par Benveniste.

  1. Des contenus dont les sources sont différentes peuvent apparaître sur le même mode.64 Allons plus loin.
  2. Non seulement diverses sources peuvent apparaître derrière un même mode énonciatif, mais la connaissance de la source ne détermine pas le mode énonciatif : un locuteur peut par exemple s’attribuer à lui-même une croyance et présenter le contenu, non pas sur le mode du conçu, mais sur le mode du reçu.

C’est ce que permet de faire la locution à mon avis, comme je vais essayer de le montrer en reprenant une étude (Carel, à paraître) où je compare cette locution à je trouve que, Une précision d’abord. On peut faire au sujet de ces deux locutions la même remarque qu’au sujet de Marie dit que et distinguer à leur propos un emploi non modal et un emploi modal.

Considérons ainsi le dialogue : 65 A : Je trouve que ce film est mauvais 66 B : Cela est pardonnable 

 67 La réplique de B peut signifier que A est pardonnable de trouver le film mauvais (elle peut alors être complétée en c ela est pardonnable, tu es encore très jeune ) comme signifier qu’il est pardonnable que le film soit mauvais (elle peut alors être suivie de c’est un premier film) : dans le premier cas, la réplique de B répond à une lecture non modale de je trouve que sous laquelle il est attribué au je du discours de A la propriété de trouver que le film est mauvais ; dans le second cas, la réplique de B répond à une lecture modale de je trouve que sous laquelle il est seulement communiqué que le film est mauvais.

De même, on peut comprendre à mon avis, p comme communiquant (lecture non modale) ou comme communiquant (lecture modale). Lorsque les deux locutions je trouve que et à mon avis sont interprétées de manière non modale, elles communiquent le même contenu, et cela sur le même mode objectif du trouvé : laissons ce cas de côté.

  1. La comparaison qui m’intéresse est celle des lectures modales de je trouve que p et à mon avis, p,
  2. Nous allons voir que le contenu communiqué est alors présenté sous des modes énonciatifs différents bien que sa source soit, dans les deux cas, le locuteur lui-même.68 En effet, la locution je trouve que signale que le contenu est conçu et constitue ce que le locuteur en tant que locuteur est en train de concevoir, ce qui reflète son point de vue en tant qu’il est locuteur de l’énoncé.

Par contre, introduit par à mon avis, le contenu constitue seulement l’avis du locuteur en tant qu’être du monde et le contenu pris en charge apparaît sur le mode du reçu. Simple organisateur de l’énoncé, et non plus concepteur du contenu pris en charge, le locuteur de à mon avis p apparaît du coup comme en retrait.

Cette différence de présence du locuteur dans les deux énoncés a pour conséquence que seule la forme en je trouve que peut être utilisée pour expliquer l’humeur dans laquelle on est. C’est ce que montre l’exemple suivant, interprété dans une situation où le second locuteur vient de quitter Marie en train de nourrir abondamment le chat : 69 – Pourquoi tu claques comme ça la porte de la cuisine ? 70 – Je trouve que (* à mon avis) Marie nourrit trop le chat.71 La locution à mon avis n’introduit pas le mode du conçu et ne montre pas le locuteur.

Le contenu, reflet de la pensée du locuteur, est communiqué sur le mode du reçu, cela alors même que le locuteur déclare en être la source. Il n’y a pas de lien entre le mode énonciatif choisi et la source du contenu communiqué.72 Une dernière remarque.

  • Les trois modes énonciatifs que nous venons de voir, le trouvé, le conçu et le reçu, accompagnaient, dans tous nos exemples, des contenus pris en charge.
  • Qu’en est-il des contenus accordés et exclus ? Sous quel mode en particulier le locuteur de l’horrible vision s’éteignit accorde le contenu présupposé ? On pourrait penser introduire un nouveau mode énonciatif, celui, disons, du partagé : le locuteur d’un présupposé parlerait à travers une collectivité, à laquelle lui-même appartiendrait (dans les termes de Ducrot, l’énonciateur serait ON).

Mais ce serait là encore assimiler énonciation et détermination de la source du contenu. Fondamentalement, le locuteur d’un présupposé se désengage et prétend utiliser un contenu indiscutable. C’est là ce qui caractérise le mode énonciatif des présupposés ; l’énoncé l’horrible vision s’éteignit communique que la vision était horrible sur le mode factuel du trouvé.

En va-t-il de même pour tous les contenus accordés ? Je ne le crois pas. Tous les contenus présupposés sont accordés sur le mode du trouvé, mais certains contenus accordés, non présupposés, peuvent apparaître sur un autre mode. On peut par exemple s’engager vis-à-vis d’un contenu sans pour autant le prendre en charge : 73 Nous perdons, c’est bien triste, tout souvenir de notre enfance.74 L’objet de la prise de parole du locuteur est,

Le contenu est seulement accordé, accordé et en même temps présenté sous le mode du conçu : il ne constitue pas simplement une croyance du locuteur, mais est conçu au moment même de l’énonciation. C’est ce que marque l’emploi affectif de bien, incompatible, de par son affectivité, avec des marques du mode du trouvé (je pense au passé simple).

  1. Il semble également possible d’exclure un contenu présenté comme conçu au moment même de l’énonciation : 75 Lui reprocher ses échecs est idiot, sinon méchant.76 Le locuteur exclurait ici le contenu conçu,
  2. De manière générale, il n’y a donc pas, selon moi, de lien entre la fonction textuelle du contenu (pris en charge, accordé ou exclu) et le mode énonciatif.

77 78 Ainsi inspirée des travaux de Benveniste qui, contrairement à ce qu’a d’abord proposé Ducrot, distingue radicalement les phénomènes énonciatifs des questions de source, la TAP est également inspirée des travaux de Ducrot dont elle conserve l’hypothèse, absente des travaux de Benveniste, qu’un locuteur peut prendre en charge un contenu, en faire l’objet de sa prise de parole, sans se donner pour autant lui-même comme l’origine du contenu, ni non plus se cacher derrière une autorité : on peut prendre position au moyen de contenus reçus.

Une fois que la polyphonie sémantique a été définie à partir de la théorie de l’énonciation de Benveniste (quitte à introduire dans celle-ci certains concepts qu’elle ne comportait pas à l’origine), l’opposition entre polyphonie sémantique et polyphonie intertextuelle devient plus claire : alors que la polyphonie intertextuelle étudie la présence des discours passés dans les discours actuels, la présence de contenus qui, étrangers à la responsabilité du locuteur, restent sous l’unique responsabilité des auteurs des discours passés, la théorie argumentative de la polyphonie s’intéresse par contre à la responsabilité du locuteur et dissocie pour ce faire le fait d’utiliser un contenu, le mode sous lequel le contenu apparaît, et enfin la source du contenu.79 Un problème persiste.

Que la polyphonie concerne les contenus ou les instances énonçantes, qu’elle soit intertextuelle ou sémantique, elle est généralement représentée par une simple superposition de propositions ou de voix, dont l’effet d’ensemble est parfois évoqué (on parle de dialogisme), mais reste, pour l’essentiel, à décrire.

Quelles sont les 4 voix de la musique polyphonique ?

Classement – Dans l’édifice polyphonique, les différentes voix sont numérotées de l’ aigu vers le grave, Par exemple, dans un chœur à trois voix égales, la première voix sera la voix la plus aiguë, la deuxième, la voix moyenne, et la troisième, la plus grave.

  • On distingue les voix extrêmes et les voix intermédiaires.
  • Les voix extrêmes sont la voix supérieure et la voix inférieure, habituellement appelée « basse ».
  • Les voix intermédiaires s’insèrent entre les deux voix extrêmes, toujours de l’aigu vers le grave.
  • Par exemple, un quatuor vocal mixte (SATB) comporte deux voix extrêmes et deux voix intermédiaires.

Les deux voix extrêmes sont la soprano (voix supérieure) et la basse (voix inférieure). Les voix intermédiaires sont confiées à l’ alto et au ténor, La note supérieure d’un accord étant la plus facile à percevoir, le chant — c’est-à-dire la mélodie principale — est très souvent confié à la voix supérieure : le premier violon dans un quatuor à cordes, le premier ténor dans un quatuor de voix d’hommes, etc.

  1. Mais ce n’est pas systématique : le chant peut être confié à une voix intermédiaire, les autres voix — supérieures ou inférieures — remplissant alors la fonction d’accompagnement du chant en question.
  2. Sur une partition d’orchestre, les différentes parties sont notées par familles ( bois, cuivres, percussions et claviers, chant, cordes ), de l’instrument le plus aigu au plus grave dans chacune.

Sur une partition vocale, les voix sont notées de la plus aiguë à la plus grave, suivies le cas échéant de l’instrument accompagnateur (ex. partition chant-piano).

Comment s’appelle un chant à plusieurs voix ?

Les chants polyphoniques autour du monde – Audio 2000 La polyphonie, c’est plusieurs lignes mélodiques superposées en même temps, deux lignes mélodiques suffisent. Un chant polyphonique, c’est une voix principale et une autre qui tient une note à la même hauteur (bourdon), ça peut également être une voix principale et une voix parallèle qui chantent la même mélodie en même temps mais à une hauteur différente ou encore une voix principale et un contre chant.

Comment analyser la polyphonie ?

La polyphonie s’analyse indépendamment de la forme syntaxique de la phrase (déclarative, interrogative) et indépendamment de la valeur illocutoire de l’énoncé (assertion, question).

Pourquoi Dit-on que la communication est polyphonique ?

Il est ainsi généralement admis que les textes véhiculent plusieurs points de vue émanant de différentes sources ; autrement dit, il y a, dans le même texte, plusieurs voix qui se font entendre : les textes sont polyphoniques.

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Comment est né la musique ?

en partenariat avec Si nous n’avons pas de traces d’écriture musicale avant le Moyen Âge, nous savons, grâce aux instruments retrouvés lors des fouilles archéologiques, que la musique est née avec les premiers hommes (période paléolithique). Ces derniers s’inspiraient des sons qu’ils entendaient dans la nature.

D’une part, les bruits produits par les quatre éléments : l’eau (pluie, vagues) ; la terre (tremblements de terre, éboulis.) ; l’air (vent, tonnerre) ; et le feu (incendies, craquements de branches) ; d’autre part, les cris des animaux, et notamment les sifflements des oiseaux. Oiseau Préhistoire L’homme a cherché à imiter ces sons en créant des instruments avec ce qu’il trouvait dans la nature : des roseaux, des os évidés, des percussions sur des peaux d’animaux ou des arcs musicaux par exemple.

En 2008, les fragments d’une flûte vieille de 35 000 ans ont été découverts dans la grotte de Hohle Fels (Allemagne) : c’est à ce jour le plus vieil instrument de musique du monde ! Instruments préhistoriques © Bastien M. C’est en « organisant » ces sons que les hommes ont commencé à créer de la musique. Celle-ci était sacrée. C’était de la musique « incantatoire » : elle servait à communiquer avec les esprits ou à demander de l’aide aux dieux.

  1. Aujourd’hui, cette pratique existe encore chez certaines peuplades primitives.
  2. Pour l’Antiquité, aucune trace d’écriture musicale (et encore moins d’enregistrements !) ne nous est parvenue, mais les archéologues ont retrouvé des peintures et objets de la vie courante illustrés de scènes dans lesquelles l’homme joue de la musique.

En Grèce, on utilisait des flûtes, cithares, crotales (petites cymbales), harpes, tambourins, flûtes de pan ; à Rome, les légions jouent de la trompette droite et du buccin (trompette ronde). Retour sur Encyclopédie de la musique – Histoire de la musique

Comment s’appelle la personne qui a inventé la musique ?

Guy d’Arezzo, le père de la musique.

Qui est l’inventeur de la musique ?

La musique existe depuis la préhistoire mais elle ne laisse pas de trace. Il est donc difficile de raconter son histoire. On peut imaginer que les premières mélodies ont été chantées par des hommes préhistoriques. Puis ils ont utilisé des morceaux de bois ou de pierre et les ont tapé les uns contre les autres.

Quels sont les 3 styles de musique qui existaient au Moyen Âge ?

Les musiques du moyen-âge Jusqu’au 9e siècle, la musique est principalement monodique (à une seule voix), la polyphonie se développera ensuite, principalement à partir du 12e siècle.

Quelles étaient les fonctions de la musique au Moyen Âge ?

en partenariat avec Durant de nombreux siècles, la musique s’est exclusivement transmise via la tradition orale. Les difficultés de mémorisation et de diffusion des mélodies et des chants vont progressivement favoriser l’émergence d’un codage musical, qui va permettre de conserver une trace écrite : c’est la naissance des premières partitions. Neume © Wikimedia, public domain Progressivement, l’écriture musicale va se codifier : on écrira d’abord sur une ligne, puis deux, jusqu’à adopter, au XII e siècle, une portée à quatre lignes. Partition du Moyen Âge © Helsinki University Library, public domain Deux types de musique vont coexister au Moyen Âge : la musique religieuse et la musique profane. La musique religieuse est constituée essentiellement de ce qu’on appelle le chant grégorien.

C’est une mélodie chantée a capella (c’est-à-dire sans accompagnement d’instruments), à l’unisson (avec une seule voix) et sans rythme. Te Deum en chant grégorien Les moines, qui étaient les seuls à savoir écrire et lire, ont composé ces chants sur des parchemins. La musique profane a pour unique objet de distraire.

Des musiciens ambulants jouaient sur les places des villages pour amuser et faire danser les habitants. Les « troubadours » (ou « trouvères ») composaient des chansons qui parlaient d’amour. La « pastourelle » est un exemple de musique médiévale. C’est un genre de chanson poétique, un poème chanté, composé de strophes alternant dialogues et parties narratives. Les pastourelles se déroulent généralement dans une atmosphère bucolique et mettent en scène les tentatives de séduction d’une jeune bergère par un chevalier.

L’autrier par la matinee (Thibaut de Champagne) Les instruments de l’époque sont : la vielle, le luth, le tambour et le sistre (instrument à percussion sur lequel s’entrechoquent des coquilles, des coques de fruits, des rondelles métalliques). Le Moyen Âge marque aussi les débuts de la polyphonie : plusieurs voix se répondent ou se chevauchent.

Va, rossignol, de Clément Janequin (1485-1558), très célèbre chanson, avec une superposition de cinq voix, en est un parfait exemple. Janequin : Va rossignol, chanson for 4 voices, M.3/90 La musique médiévale va s’enrichir progressivement et marquer, dès le début du XV e siècle, le début de la période suivante : la Renaissance.

Quelles sont les caractéristiques de la musique au Moyen Âge ?

La musique médiévale concerne une période couvrant à peu près 800 ans de l’histoire religieuse et profane, que l’on fait commencer avec les premières musiques chrétiennes d’avant la réforme grégorienne, jusqu’aux musiques du XV e siècle marquées par l’émergence de l’ école franco-flamande avant l’invention de l’imprimerie.

La musique du Moyen Âge est représentée principalement par des compositions vocales, religieuses ou profanes, marquées dans les premiers siècles par la monodie, notamment représentée par le plain-chant religieux et dans le domaine profane par la lyrique courtoise des troubadours et des trouvères, Au IX e siècle, la polyphonie, née à l’église, constitue une innovation qui devient majeure dans tout l’Occident.

L’art musical polyphonique se caractérisa par l’apparition de formes qui découlèrent de cette superposition de voix différentes, le tout restant toujours lié au texte chanté. On trouve parmi ces formes : l’ organum, le conduit, puis les différents types de motets et finalement de messes dont les principales prières chantées furent mises en polyphonie (d’abord en pièces séparées au XIII e siècle, puis sous la forme de messes entières à partir du XIV e siècle ), etc.

La polyphonie se développa également dans le registre profane. Apparurent aussi des formes instrumentales, tout d’abord liées aux formes vocales (et procédant souvent de celles-ci). Les formes nées de la danse eurent elles aussi une importance non négligeable, notamment à travers les premières compositions instrumentales.

La période médiévale a également posé les bases pour les notations et la théorie qui façonneront la musique occidentale actuelle. La plus évidente de ces bases est le développement d’un système de notation complet ; cependant, les avancées théoriques, en particulier celles se rapportant au rythme et à la polyphonie, sont tout aussi importantes dans le développement de la musique occidentale.

Comment Appelle-t-on une musique à une seule voix ?

Types de monodies – La monodie est une musique à une seule voix dans le sens où « voix » désigne une partie vocale ou instrumentale. Mais cette « voix » peut être produite par plusieurs voix ou plusieurs instruments chantant ou jouant ensemble à l’unisson.

  • De nombreuses musiques du monde sont essentiellement monodiques, même si aucune culture musicale n’est exclusivement monodique,
  • La monodie stricte est relativement rare.
  • « Lorsque dans des ensembles musicaux plusieurs chanteurs ou instrumentistes exécutent la même mélodie, que ce soit successivement ou en simultanéité, ils revendiquent en fait la liberté de varier dans des détails mineurs.

Chaque participant réalise l’idée mélodique selon son propre goût et son habileté et selon les conditions vocales ou instrumentales particulières, » Ces quasi monodies sont appelées hétérophonies, Par extension, le terme monodie s’utilise aussi pour le chant à une voix accompagnée par des instruments.

Comment Appelle-t-on un ensemble de 4 voix ou instruments ?

Quatuor (à cordes/d’orchestre).

Quels sont les 4 types de voix chantées ?

Certaines voix sont aiguës. Certaines voix sont plus graves. Certaines voix ont une agilité incroyable. Certaines voix sont riches et puissantes. Certaines voix sont difficiles à catégoriser ! – Le spectre de la voix humaine est très large. Cela rend chaque voix unique, mais peut également rendre la tâche des compositeurs plus difficile.

Quand un compositeur pense à une voix, il pense principalement à trois aspects : sa tessiture vocale spécifique, son timbre vocal (c’est-à-dire la couleur de la voix, qu’elle soit par exemple douce ou dure, chaude ou métallique) et le tempérament vocal (si la voix est légère ou puissante). Dans la tradition de la musique classique européenne, des systèmes ont été développés pour classer les différents types de voix.

Cette typologie est utilisée pour associer des voix aux rôles potentiels : qu’il s’agisse de héros(ïnes), d’ennemis ou de jeunes ou vieux personnages, les voix sont typées et ont tendance à interpréter toujours le même type de personnages. Le plus simple des systèmes de classification se base sur l’éventail vocal que peut émettre une voix, et plus précisément la gamme de notes où la voix est la plus confortable (sa tessiture).

Comment s’appelle les 3 voix d’homme ?

Tessitures vocales – Dans le chant classique, les typologies vocales peuvent être différenciées en basse, baryton, ténor et contreténor pour les hommes, contralto, mezzo-soprano et soprano pour les femmes, Il existe aussi des subdivisions dans chaque registre.

Qui chante avec 7 octaves ?

Dimash Qudaibergen – Dimash Kudaibergen, de son vrai nom Dinmuhammed, est un chanteur kazakh réputé pour son importante tessiture. Fils de parents artistes reconnus en République du Kazakhstan, le petit garçon découvre très tôt les joies de la musique.

  • Ses parents découvrent alors qu’il bénéficie de l’oreille absolue,
  • Il commence la scène dès l’âge de deux ans puis suit des cours de piano et de chant à partir de 5 ans,
  • Un an plus tard, il gagne le concours national Aynalayin dans la catégorie « Piano ».
  • Dimash devient très célèbre de part ses prouesses de technique vocale.

Le chanteur est capable de couvrir pas moins de 7 octaves. Il passe ainsi des notes les plus graves aux notes les plus hautes avec beaucoup d’aisance. Un talent qui ne passe pas inaperçu !

Comment s’appelle une œuvre vocale qui est chante à une seule voix ?

A cappella : chant sans accompagnement instrumental. Monodique : Il n’ y a qu’une seule mélodie qui est chantée. Unisson : Tout le monde chante la même mélodie. Syllabique : Il y a une note pour chaque syllabe du texte.

C’est quoi la polyphonie sur un piano ?

Cela vous intéressera aussi Le terme « polyphonie » est souvent mal compris, alors précisons ce que cela désigne sur un clavier numérique, Pour faire simple et le dire en quelques mots, c’est le fait de pouvoir jouer plusieurs notes différentes en même temps. On peut dire que c’est une spécificité du piano et des claviers en général.

  • Contrairement à ce que l’on croit fréquemment, 10 notes (ou voix), pour autant de doigts, ne sont pas suffisantes, car dans de très nombreux cas et partitions, on retrouve plus de 10 notes jouées en même temps.
  • Cela est rendu possible notamment du fait de la fameuse pédale « sustain », qui permet de conserver en mémoire les notes qui sont jouées, mais cela est également possible si vous utilisez un « séquenceur » (une sorte d’enregistreur numérique numérique pour le cas qui nous intéresse ici, sur un clavier clavier donné) ; cela est très fréquent lorsque l’on enregistre un accompagnement et que l’on joue par-dessus ou encore si l’on utilise une seule touche pour plusieurs notes (que l’on appelle « dual voice »).

D’une manière générale, on considère que pour les débutants, 64 notes (ou voix) sont suffisantes pour un clavier sans séquenceur, mais pour les pianistes ou claviéristes confirmés, nous vous conseillons plutôt d’opter pour un minimum de 128 notes.

C’est quoi chanter en polyphonie ?

Les chants polyphoniques autour du monde – Audio 2000 La polyphonie, c’est plusieurs lignes mélodiques superposées en même temps, deux lignes mélodiques suffisent. Un chant polyphonique, c’est une voix principale et une autre qui tient une note à la même hauteur (bourdon), ça peut également être une voix principale et une voix parallèle qui chantent la même mélodie en même temps mais à une hauteur différente ou encore une voix principale et un contre chant.

Qui a inventé la polyphonie ?

Polyphonies de la Renaissance – À partir des années 1420 se développe entre le Nord de la France et les Flandres une nouvelle école musicale, grâce à plusieurs générations de musiciens et de compositeurs formés dans les maîtrises du nord. Ils seront désignés sous le nom d’ École franco-flamande,

  1. Ils répandront par la suite leur art dans les grands centres européens, surtout en Italie, alors en pleine Renaissance (le Quattrocento ).
  2. En raison des troubles qui règnent en France pendant la guerre de Cent Ans, la culture musicale se déplace dans les régions du nord de la France, en Flandre, et en territoire bourguignon.

La cour de Bourgogne est le centre de ce renouveau artistique, qui rassemble musiciens français, flamands, bourguignons et anglais, contribuant aux échanges et à la diffusion de musiques nouvelles. Rome (ville où la papauté s’est réinstallée, après l’ épisode avignonnais du XIV e siècle) le devient également.

  1. Au début de cette période (vers la fin du XIV e siècle et au début du suivant), « la fameuse contenance angloise déferle sur le continent ».
  2. Cette expression désignait alors le « style musical anglais, à la fois brillant et simple, qui influence tous les compositeurs du continent au début du XV e siècle, lesquels rompent ainsi avec le style complexe et cérébral de l’ Ars Subtilior de la fin du XIV e siècle »,

Le principal auteur anglais représentant ce style est John Dunstable, La polyphonie se développe de deux façons :

  • dans la musique religieuse enseignée et pratiquée dans les maîtrises et les chœurs (les « psallettes ») des cathédrales (et des collégiales ) du nord. Par exemple : Cambrai, Tournai, Bruges, Anvers, etc. Leurs usages sont imités dans les psallettes des autres régions de France et d’Europe ;
  • dans les chansons polyphoniques de divertissement, essentiellement à la cour du duc de Bourgogne à Dijon,

Les principaux représentants de ce mouvement sont les grands compositeurs de l’époque :

  • Guillaume Dufaÿ (1397-1474), Gilles Binchois (v.1400-1460) – qui furent influencés par l’anglais John Dunstable (1390-1453) -, Johannes Ockeghem (v.1420-1497), qui exerça à Paris et à Tours, Antoine Busnois (1433-1492), bourguignon, Josquin des Prés (v.1440-1521), Alexandre Agricola (1446-1506), Jean Mouton (1459-1522), Jacob Obrecht, (1457-1505), Pierre de La Rue (1460-1518), Antoine Brumel (1460-1520), Clément Janequin (v.1485-1558), connu pour ses chansons polyphoniques, Clemens non Papa (v.1510-1555), Jacobus de Kerle (1531-1591), Roland de Lassus (1532-1594), musicien européen, Claude Le Jeune (v.1530-1600), partisan de la Réforme calviniste, Eustache Du Caurroy (1559-1609), etc.
  • En Italie : Adrien Willaert (1490-1562), Cyprien de Rore (1515/16-1565), l’un et l’autre d’origine franco-flamande mais installés en Italie, Giovanni Pierluigi da Palestrina (v.1525-1594) musicien de la Contre-Réforme, Costanzo Porta (1528/29-1601) maître « virtuose » de la polyphonie, longtemps apprécié de son vivant, Marc’Antonio Ingegneri (1535-1592) qui forma Claudio Monteverdi, Carlo Gesualdo (1566-1613) musicien d’une grande originalité et audace harmonique (qui nous surprennent encore aujourd’hui), etc.
  • En Espagne : Cristobal de Morales, (v.1500-1553), Diego Ortiz (1510-570), Francisco Guerrero (1528-1599), Tomás Luis de Victoria (v.1548-1611), etc.
  • En Angleterre : John Taverner (1490-1545), Christopher Tye (1500-1572/3), Thomas Tallis ( 1505 – 1585 ), William Byrd (1543-1623), John Bull (1562/3-1628), Orlando Gibbons (1583-1625), etc.
  • En Allemagne : Heinrich Isaac (1450-1517), Ludwig Senfl (1486-1543), Leonhard Lechner (1553-1606), Hans Leo Hassler (1564-1612), Gregor Aichinger (1564-1628), Michael Praetorius (1571-1621), etc.

Quelle est la différence entre la polyphonie et la monodie ?

MONODIE : Une seule mélodie chantée seul ou à plusieurs, à l’unisson. POLYPHONIE : Plusieurs mélodies jouées ensemble.