Modern Delhi

Tips, Recommendations, Ideas

QuEst Ce Qui Fait Que Dom Juan Ne Respecte Pas Les RèGles De La ComéDie Classique?

Dom Juan – 1L – Profil d’œuvre Français – Kartable Pour profiter de 10 contenus offerts. Pour profiter de 10 contenus offerts. La pièce s’ouvre sur Sganarelle, valet de Dom Juan, qui fait un éloge du tabac. Il discute ensuite avec Gusman, valet de Done Elvire (femme de Dom Juan), et lui explique que son maître a abandonné son épouse pour partir à la conquête d’autres femmes. Dans la scène suivante, Sganarelle est avec Dom Juan et, à sa demande, admet qu’il ne valide pas son comportement. Dom Juan fait l’éloge du libertinage, Sganarelle explique qu’il a peur de la punition divine qui frappera son maître. Don Elvire arrive alors et confronte son mari. Dom Juan tente de justifier ses actions, mais elle comprend qu’il lui ment. Elle espère qu’il sera puni. À la campagne, Pierrot et Charlotte, deux paysans fiancés, discutent de leurs sentiments. Pierrot a sauvé deux hommes qui manquaient de se noyer, Dom Juan et Sganarelle. Lorsque Dom Juan voit Charlotte, il la séduit et lui promet le mariage, ce qu’elle accepte malgré son engagement envers Pierrot. Ce dernier, après s’être battu avec Dom Juan, décide d’aller avertir la tante de Charlotte. Malthurine, une paysanne que Dom Juan a séduite avant de rencontrer Charlotte, arrive. Dom Juan, dans une scène qui repose sur de nombreux quiproquos, parvient à assurer les deux femmes de son amour en leur faisant croire qu’il n’aime pas l’autre. Dom Juan apprend que des hommes le cherchent. Il se déguise en paysan, et Sganarelle en médecin. En chemin, ils rencontrent un pauvre homme. Dom Juan se moque de ses croyances religieuses et lui propose de l’argent s’il accepte de jurer. L’homme refuse, mais Dom Juan lui donne tout de même une pièce d’or et va défendre un homme qui se fait attaquer. Cet homme est Dom Carlos, frère de Don Elvire qui cherche Dom Juan pour venger sa sœur. Dom Juan ne révèle pas son identité, mais promet que si Dom Carlos lui donne un lieu et une date, il lui apportera l’homme qu’il cherche. Dom Juan et Dom Carlos rejoignent la ville. Dom Alonse, un autre frère de Don Elvire, reconnaît Dom Juan. Il veut le tuer, mais Dom Carlos l’en empêche, car il lui doit la vie. Les deux frères décident de laisser quelques jours à Dom Juan avant de le poursuivre. Dom Juan retrouve Sganarelle. Ensemble, ils tombent sur un mausolée construit par le Commandeur, un homme que Dom Juan a tué. À l’intérieur il y a une statue du Commandeur. Dom Juan demande à Sganarelle d’inviter la statue à dîner pour plaisanter. Sganarelle s’exécute, et la statue hoche la tête. Sganarelle est terrifié, Dom Juan garde son calme. Sganarelle ne cesse de parler de la statue, Dom Juan assure que ce n’était rien et menace de battre son valet s’il ne cesse d’en parler. Un certain M. Dimanche vient voir Dom Juan. Ce dernier ne le laisse pas parler (il vient récupérer de l’argent que Dom Juan lui doit), et le met dehors sans qu’il ait pu réclamer son dû. Le père de Dom Juan, Dom Louis, vient ensuite pour faire la morale à son fils, qui ne l’écoute pas. Don Elvire arrive ensuite. Elle annonce à Dom Juan qu’elle ne l’aime plus mais vient pour le sauver. Il faut qu’il se repente de ses péchés, autrement Dieu le punira. Dom Juan tente de la séduire et elle part. Un autre invité arrive, cette fois c’est la statue. Sganarelle est effrayé, Dom Juan fait comme si tout cela était normal. La statue annonce qu’elle est envoyée par Dieu. Dans le dernier acte, Dom Juan fait semblant de se repentir auprès de son père, qui lui pardonne son comportement. Il avoue ensuite à son valet qu’il fait l’hypocrite, comme tous les hommes aujourd’hui. Il se lance dans un éloge paradoxal de l’hypocrisie. Il annonce qu’il continuera à être libertin, mais le cachera mieux qu’avant. Dom Juan retrouve ensuite Dom Carlos, il lui annonce que Dieu lui demande de rester seul. Dom Carlos ne croit pas à la transformation de Dom Juan. Il lui assure qu’il le retrouvera et le tuera. Sganarelle essaie de raisonner son maître qui ne veut rien entendre. Un fantôme arrive alors, et attend que Dom Juan se repente. Ce dernier refuse et s’enfuit. La statue du Commandeur apparaît alors, elle arrête Dom Juan et le tue. Sganarelle, seul sur scène, se lamente car son maître ne l’a pas payé avant de mourir. Dom Juan est une comédie, mais elle ne respecte pas les règles du théâtre classique. L’histoire se déroule sur plus de vingt-quatre heures. Il y a plus d’un lieu, puisque Dom Juan et Sganarelle voyagent dans la pièce ; on les voit à la campagne, sur la route, au mausolée du Commandeur, au château de Dom Juan. Par ailleurs, il y a plus d’une intrigue (les frères de Don Elvire qui poursuivent Dom Juan, la conquête des paysannes par Dom Juan, la statue du Commandeur, le père de Dom Juan qui reproche son comportement à son fils.). Les unités de temps, de lieu et d’action ne sont donc pas respectées.Pareillement, la comédie a des airs tragiques. En effet, plusieurs scènes dans la pièce annoncent le châtiment divin qui va tomber sur Dom Juan. Plusieurs personnages lui promettent une punition divine (Sganarelle, Don Elvire, Dom Carlos, le fantôme, la statue). Si la pièce se termine sur une touche comique avec Sganarelle, il n’en reste pas moins que le héros éponyme de la pièce est tué, sur scène, ce qui ne respecte pas la règle de bienséance. Cette comédie classique est donc complexe et ambiguë. La pièce a des accents baroques. Le baroque est un mouvement artistique qui s’appuie sur l’exagération. Au théâtre, cela se traduit par un foisonnement de décors, l’exacerbation des sentiments, la surprise.Dans la pièce, les éléments baroques sont liés au surnaturel. En effet, la statue qui bouge, le fantôme qui apparaît, le châtiment divin de Dom Juan sur scène, sont des éléments baroques. Il y a également de nombreux retournements de situation qui créent la surprise chez le spectateur. Dom Juan lui-même ne cesse de changer de comportement, de prendre des masques. La pièce s’inscrit dans un mouvement perpétuel, avec Sganarelle et son maître qui voyagent jusqu’à retourner au château. Pour finir, la pièce aborde le thème de la fatalité de la mort. Ce thème fait également partie des caractéristiques du mouvement baroque. La pièce pose la question de ce qu’est le libertinage, et si cela mène réellement à la liberté. Dom Juan n’est pas simplement un libertin en amour, c’est un libertin de mœurs. Il n’est pas simplement un grand séducteur, il est un homme d’esprit qui questionne tout, qui refuse les règles qu’on lui impose.Dom Juan ne croit pas en Dieu, c’est un athée. Il qualifie la religion de “billevesées”. Non seulement il ne croit pas en Dieu, mais il le défie. C’est pour cela aussi qu’il séduit des femmes, qu’il demande au pauvre de blasphémer, qu’il refuse d’avoir peur de la statue : Dom Juan ne veut pas croire en quelque chose de plus grand que lui. Il fait preuve d’hybris (démesure). Toutefois, on peut remettre en question la liberté que Dom Juan proclame avoir. C’est un homme seul, qui s’est coupé de tous. Il n’a que Sganarelle à qui parler, valet qui le craint plus qu’il ne l’aime. Dans sa tirade sur l’hypocrisie, Dom Juan se montre plus désabusé que convaincu par son discours. Dom Juan meurt à la fin de la pièce, tué par la statue du Commandeur. C’est un châtiment divin, qui a été annoncé dès le début de la pièce. Sganarelle le précise bien dans le dernier acte, Dom Juan est puni pour ses péchés.Cette fin semble souligner que Molière a choisi de punir son personnage, qu’il condamne le libertinage. La pièce paraît donc moralisatrice. À son époque, Molière doit obéir à certaines règles. Si Dom Juan ne se repent pas, il doit mourir, autrement cela est contraire à la morale. Par ailleurs, Molière n’a pas dressé un portrait très positif des autres personnages de la pièce. Même si Dom Juan meurt, ses critiques de la religion, et sa peinture d’une cour royale hypocrite, restent des dénonciations de la société française. La tonalité tragique de la pièce permet aussi d’affirmer que le dramaturge ne condamne pas complètement son héros. La fin est donc ambiguë. “Voilà par sa mort un chacun satisfait : Ciel offensé, lois violées, filles séduites, familles déshonorées, parents outragés, femmes mises à mal, maris poussés à bout, tout le monde est content”. Molière fait une satire de sa société. Il se moque des médecins, comme il l’a souvent fait ( Le Malade imaginaire, Le Médecin malgré lui,). Cette satire passe par le déguisement, avec Sganarelle, valet superstitieux, qui porte le costume de médecin. Dom Juan à cette occasion explicite ce qu’il pense de la médecine, la comparant à une illusion. Il suffit d’avoir le vêtement pour être médecin. La médecine n’est qu’une croyance.La cible première de Molière dans la pièce est la religion. Dom Juan se moque des rites chrétiens, et particulièrement des coutumes chrétiennes comme l’aumône (scène du pauvre). Il dénonce ces pratiques comme étant hypocrites. Enfin, Molière peint une société hypocrite, attachée aux apparences. Si on cache bien ses mauvaises actions, alors on n’a pas de souci. La société ne condamne pas vraiment le libertinage, elle condamne la vérité, elle condamne celui qui ose déclarer haut et fort qu’il est libertin. : Dom Juan – 1L – Profil d’œuvre Français – Kartable

Pourquoi Dom Juan n’est pas une comédie classique ?

Dans l’œuvre de Molière, Dom Juan ou le Festin de Pierre ( note ) reste une sorte de mystère, une pièce totalement inclassable. Son personnage insupportable, ses excès de mise en scène, son mélange des genres ont choqué. Alors pourquoi cette œuvre est-elle devenue aujourd’hui aussi incontournable que son héros, détestable au point d’en être devenu caricatural ? Comédie en cinq actes et en prose, la pièce est jouée pour la première fois le 15 février 1665 au théâtre du Palais-Royal, en face du Louvre.

Elle recueille immédiatement un vif succès avant de quitter l’affiche au bout de quinze représentations. Le purgatoire ne va pas durer. La pièce a inspiré à Mozart l’un de ses plus célèbres opéras et Dom Juan est aujourd’hui régulièrement joué sur la scène et au cinéma. Le personnage lui-même est devenu un mythe occidental.

Isabelle Grégor De la pure provocation ! Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? Pourquoi, alors que sa carrière commençait à peine à prendre son envol, Molière a-t-il choisi de mettre en scène un libertin athée, sujet à risque s’il en est ? C’est d’autant plus étonnant que l’année précédente il s’était déjà fait remarquer en proposant au jeune roi Louis XIV, son mécène, un Tartuffe (1664) qui racontait le parcours d’un faux dévot, déterminé à séduire et escroquer une innocente famille.

  1. Les vrais dévots ne s’y étaient pas trompés et avaient fait interdire la pièce pendant 5 ans pour atteinte à la religion.
  2. Et si l’on remonte encore de deux ans dans le temps, c’est son École des femmes (1662) qui avait attiré les foudres des bien-pensants, offusqués par cette évocation de l’éducation des filles.

Alors, pourquoi ce Dom Juan ? La raison en est simple : puisqu’on l’accuse de moquer la religion, Molière contre-attaque en montrant jusqu’où peut aller un véritable incroyant et quelle sera inéluctablement la conséquence de son comportement : la punition divine. Molière s’empare du personnage dont il reprend les principaux défauts : séducteur, menteur, hypocrite, il est prêt à tout pour faire céder les femmes, nobles ou paysannes, libres ou fiancées. Dénué de toute moralité, il torture sans vergogne ses proches : sa femme qui lui est restée attachée, son père dont il bafoue l’honneur, et même son pauvre valet, Sganarelle, dont il s’amuse à moquer les principes d’honnêteté.

Mais Molière décide d’aller plus loin en en faisant un athée. Ce n’est plus la société que ce libertin met en péril en méprisant les liens de la famille, c’est la religion elle-même. Car non seulement Dom Juan fait l’éloge de « l’inconstance » et méprise ouvertement le sacrement de l’Église qu’est le mariage, mais il ne cesse de provoquer le Ciel, lui demandant de se manifester : « Si le Ciel me donne un avis, il faut qu’il parle un peu plus clairement s’il veut que je l’entende ».

Homme de défi, il se veut rationnel avant tout, affirmant croire uniquement que « deux et deux font quatre » et acceptant le plus naturellement du monde de dîner avec une statue. Ce personnage de révolté, mais courageux et fidèle à ses principes, est finalement plus intéressant et séduisant que celui du croyant, représenté par le naïf Sganarelle : les dévots ont bien compris où était le danger ! La scène du pauvre : Dom Juan défie l’ordre moral et religieux Dom Juan s’est déguisé et enfui dans la forêt en compagnie de Sganarelle pour échapper aux ennemis qui le recherchent. DOM JUAN – Eh, prie-le qu’il te donne un habit, sans te mettre en peine des affaires des autres. SGANARELLE – Vous ne connaissez pas Monsieur, bon homme, il ne croit qu’en deux et deux sont quatre, et en quatre et quatre sont huit. DOM JUAN – Quelle est ton occupation parmi ces arbres ? LE PAUVRE – De prier le Ciel tout le jour pour la prospérité des gens de bien qui me donnent quelque chose.

DOM JUAN – Il ne se peut donc pas que tu ne sois bien à ton aise. LE PAUVRE – Hélas, Monsieur, je suis dans la plus grande nécessité du monde. DOM JUAN – Tu te moques ; un homme qui prie le Ciel tout le jour, ne peut pas manquer d’être bien dans ses affaires. LE PAUVRE – Je vous assure, Monsieur, que le plus souvent je n’ai pas un morceau de pain à mettre sous les dents.

DOM JUAN – Voilà qui est étrange, et tu es bien mal reconnu de tes soins ; ah, ah, je m’en vais te donner un Louis d’or tout à l’heure, pourvu que tu veuilles jurer. LE PAUVRE – Ah, Monsieur, voudriez-vous que je commisse un tel péché ? DOM JUAN – Tu n’as qu’à voir si tu veux gagner un Louis d’or ou non, en voici un que je te donne si tu jures, tiens il faut jurer.

LE PAUVRE – Monsieur. SGANARELLE – Va, va, jure un peu, il n’y a pas de mal. DOM JUAN – Prends, le voilà, prends te dis-je, mais jure donc. LE PAUVRE – Non Monsieur, j’aime mieux mourir de faim. DOM JUAN – Va, va, je te le donne pour l’amour de l’humanité ». Une pièce indéfinissable Dom Juan est d’abord une comédie : elle a pour but de faire rire.

On y retrouve le couple traditionnel du maître et de son valet pas toujours futé (rôle joué sur scène par Molière lui-même), mais aussi l’influence de la farce avec son comique grossier, par exemple dans les dialogues en patois des paysans ( « Morquenne ! ça n’est pas bian de battre les gens ! » ) ou encore les coups reçus par Sganarelle, cousin de Scapin.

Mais Dom Juan n’est pas une comédie classique de plus puisque Molière ne respecte ici en rien les règles du théâtre de l’époque, rappelées par Nicolas Boileau : « Qu’en un lieu, en un jour, un seul fait accompli tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli » ( Art poétique, 1674). Les décors et les intrigues, courant sur 36 heures, sont multiples, la bienséance est oubliée dans ce portrait d’un immoral et la vraisemblance est anéantie par l’intervention d’un spectre et d’une statue qui parle.

L’utilisation du surnaturel et des effets spéciaux, caractéristiques des « pièces à machines » fait de Dom Juan une création d’un autre temps, d’une époque où c’était le baroque et son goût pour le spectaculaire qui étaient à la mode. Indestructible Dans Dom Juan comme dans toutes ses pièces, Molière cherche à faire passer un message à ses spectateurs, mais sous une forme plaisante. Condamnation du libertinage d’un côté, ton comique et surprises de l’autre, le défi semble avoir été réussi.

  1. A la fin, le danger est écarté puisque le grand seigneur est réduit en cendres.
  2. Pourtant, créée le 15 février 1665 sous le titre Le Festin de pierre, la pièce est arrêtée malgré son succès un mois plus tard.
  3. Molière ne la jouera jamais plus.
  4. Au moment où sa troupe devient « troupe du roi », il a compris qu’il ne peut poursuivre avec un message ambigu qui risque de se retourner contre lui : ne lui reproche-t-on pas, comme à tous les comédiens, une vie privée peu vertueuse ? Ses pièces suivantes, Le Misanthrope et L’Avare, seront donc plus sages.

Plus de polémique ! Son personnage va pouvoir prendre son envol jusqu’à devenir un mythe, notamment grâce au Don Giovanni de Mozart (1787). Comment ne pas céder au pouvoir d’attraction de ce grand seigneur qui, comme Prométhée et Faust, va jusqu’à défier la société et les dieux ? Incarnation de l’homme guidé par ses désirs, en quête d’absolu, il devient logiquement un des personnages favoris des Romantiques,

  1. C’est ce même portrait d’un être mélancolique et profondément seul, s’interrogeant sur le sens de la vie, que nous propose Marcel Bluwal (entretien avec le cinéaste) dans son téléfilm de 1965.
  2. Le réalisateur définissait ainsi son œuvre : « C’est une histoire entre l’inconnaissable, Dieu et un homme arrivé au bout de son expérience, de sa grandeur ».

Cet homme, c’est Michel Piccoli qui lui donne son visage, devenant pour longtemps un Dom Juan de référence, marchant dignement vers le châtiment final. Charles Baudelaire, « Don Juan aux Enfers » Dans ce poème, Baudelaire reprend ici les principaux personnages de la pièce pour entourer un Don Juan romantique, renfermé dans sa solitude, indifférent aux autres et à son sort.

« Quand Don Juan descendit vers l’onde souterraine Et lorsqu’il eut donné son obole à Charon, Un sombre mendiant, l’oeil fier comme Antisthène, D’un bras vengeur et fort saisit chaque aviron. Montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes, Des femmes se tordaient sous le noir firmament, Et, comme un grand troupeau de victimes offertes, Derrière lui traînaient un long mugissement.

Sganarelle en riant lui réclamait ses gages, Tandis que Don Luis avec un doigt tremblant Montrait à tous les morts errant sur les rivages Le fils audacieux qui railla son front blanc. Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire, Près de l’époux perfide et qui fut son amant, Semblait lui réclamer un suprême sourire Où brillât la douceur de son premier serment. Publi ou mis jour le : 2022-03-15 09:26:21

Pourquoi Don Juan est une Tragi-comédie ?

L’argument – Présentée par Molière comme une comédie, Dom Juan est en réalité une tragi-comédie qui ne respecte pas les règles classiques. Arrivé en ville après avoir abandonné Elvire, qu’il avait fait sortir d’un couvent pour l’épouser, Dom Juan aperçoit une jeune fille à la veille de se marier et projette de l’enlever.

Le projet ayant échoué, il se retrouve dans un village, d’où, averti que ses beaux-frères Dom Carlos et Dom Alonse le poursuivent, il s’enfuit par la forêt avec son valet Sganarelle. Le hasard l’amène à sauver la vie de Dom Carlos, qui en retour accepte de différer sa vengeance, à condition que Dom Juan reprenne la vie commune avec Elvire.

Sur le chemin qui les ramène à la maison, le maître et le valet passent devant le mausolée d’un commandeur que Dom Juan a tué l’année précédente et dont il invite la statue à dîner pour le soir même. De retour chez lui, il voit le moment de dîner repoussé trois fois de suite par les visites inopinées d’un créancier, de son père et de son épouse à présent retournée à la vie religieuse.

  • La statue du Commandeur, arrivée en dernier, refuse de partager son repas, mais l’invite à son tour à dîner le lendemain.
  • Le lendemain en fin d’après-midi, Dom Juan apprend à son père éperdu de joie qu’il a décidé de revenir à la religion, puis il confie à Sganarelle que ce revirement subit n’est qu’une ruse.

La statue du Commandeur, apparaissant et prenant acte de son refus de se repentir, lui saisit la main et le précipite dans les entrailles de la terre.

Qu’est ce que dénonce Dom Juan ?

Dom Juan ne dénonce pas explicitement et directement l’église et les dogmes chrétiens mais on peut lire la profession de foi matérialiste comme une raillerie du dogme de la Trinité et la scène du Pauvre comme la dénonciation de l’injustice divine, du faible secours qu ‘apporte Dieu et la prière aux indigents!

Quels sont les arguments de Sganarelle pour convaincre Don Juan de l’existence de Dieu ?

La figure de Sganarelle Il croit en Dieu mais respecte l’athéisme de son maître, comme le montre ses deux répliques : la première témoigne de sa posture différente de celle de Dom Juan (« Vous ne connaissez pas Monsieur », la deuxième l’expose comme tolérant (« Va, va, jure un peu, il n’y a pas de mal »).

Est-ce que Dom Juan respecte les règles du théâtre classique ?

Dom Juan – 1L – Profil d’œuvre Français – Kartable Pour profiter de 10 contenus offerts. Pour profiter de 10 contenus offerts. La pièce s’ouvre sur Sganarelle, valet de Dom Juan, qui fait un éloge du tabac. Il discute ensuite avec Gusman, valet de Done Elvire (femme de Dom Juan), et lui explique que son maître a abandonné son épouse pour partir à la conquête d’autres femmes. Dans la scène suivante, Sganarelle est avec Dom Juan et, à sa demande, admet qu’il ne valide pas son comportement. Dom Juan fait l’éloge du libertinage, Sganarelle explique qu’il a peur de la punition divine qui frappera son maître. Don Elvire arrive alors et confronte son mari. Dom Juan tente de justifier ses actions, mais elle comprend qu’il lui ment. Elle espère qu’il sera puni. À la campagne, Pierrot et Charlotte, deux paysans fiancés, discutent de leurs sentiments. Pierrot a sauvé deux hommes qui manquaient de se noyer, Dom Juan et Sganarelle. Lorsque Dom Juan voit Charlotte, il la séduit et lui promet le mariage, ce qu’elle accepte malgré son engagement envers Pierrot. Ce dernier, après s’être battu avec Dom Juan, décide d’aller avertir la tante de Charlotte. Malthurine, une paysanne que Dom Juan a séduite avant de rencontrer Charlotte, arrive. Dom Juan, dans une scène qui repose sur de nombreux quiproquos, parvient à assurer les deux femmes de son amour en leur faisant croire qu’il n’aime pas l’autre. Dom Juan apprend que des hommes le cherchent. Il se déguise en paysan, et Sganarelle en médecin. En chemin, ils rencontrent un pauvre homme. Dom Juan se moque de ses croyances religieuses et lui propose de l’argent s’il accepte de jurer. L’homme refuse, mais Dom Juan lui donne tout de même une pièce d’or et va défendre un homme qui se fait attaquer. Cet homme est Dom Carlos, frère de Don Elvire qui cherche Dom Juan pour venger sa sœur. Dom Juan ne révèle pas son identité, mais promet que si Dom Carlos lui donne un lieu et une date, il lui apportera l’homme qu’il cherche. Dom Juan et Dom Carlos rejoignent la ville. Dom Alonse, un autre frère de Don Elvire, reconnaît Dom Juan. Il veut le tuer, mais Dom Carlos l’en empêche, car il lui doit la vie. Les deux frères décident de laisser quelques jours à Dom Juan avant de le poursuivre. Dom Juan retrouve Sganarelle. Ensemble, ils tombent sur un mausolée construit par le Commandeur, un homme que Dom Juan a tué. À l’intérieur il y a une statue du Commandeur. Dom Juan demande à Sganarelle d’inviter la statue à dîner pour plaisanter. Sganarelle s’exécute, et la statue hoche la tête. Sganarelle est terrifié, Dom Juan garde son calme. Sganarelle ne cesse de parler de la statue, Dom Juan assure que ce n’était rien et menace de battre son valet s’il ne cesse d’en parler. Un certain M. Dimanche vient voir Dom Juan. Ce dernier ne le laisse pas parler (il vient récupérer de l’argent que Dom Juan lui doit), et le met dehors sans qu’il ait pu réclamer son dû. Le père de Dom Juan, Dom Louis, vient ensuite pour faire la morale à son fils, qui ne l’écoute pas. Don Elvire arrive ensuite. Elle annonce à Dom Juan qu’elle ne l’aime plus mais vient pour le sauver. Il faut qu’il se repente de ses péchés, autrement Dieu le punira. Dom Juan tente de la séduire et elle part. Un autre invité arrive, cette fois c’est la statue. Sganarelle est effrayé, Dom Juan fait comme si tout cela était normal. La statue annonce qu’elle est envoyée par Dieu. Dans le dernier acte, Dom Juan fait semblant de se repentir auprès de son père, qui lui pardonne son comportement. Il avoue ensuite à son valet qu’il fait l’hypocrite, comme tous les hommes aujourd’hui. Il se lance dans un éloge paradoxal de l’hypocrisie. Il annonce qu’il continuera à être libertin, mais le cachera mieux qu’avant. Dom Juan retrouve ensuite Dom Carlos, il lui annonce que Dieu lui demande de rester seul. Dom Carlos ne croit pas à la transformation de Dom Juan. Il lui assure qu’il le retrouvera et le tuera. Sganarelle essaie de raisonner son maître qui ne veut rien entendre. Un fantôme arrive alors, et attend que Dom Juan se repente. Ce dernier refuse et s’enfuit. La statue du Commandeur apparaît alors, elle arrête Dom Juan et le tue. Sganarelle, seul sur scène, se lamente car son maître ne l’a pas payé avant de mourir. Dom Juan est une comédie, mais elle ne respecte pas les règles du théâtre classique. L’histoire se déroule sur plus de vingt-quatre heures. Il y a plus d’un lieu, puisque Dom Juan et Sganarelle voyagent dans la pièce ; on les voit à la campagne, sur la route, au mausolée du Commandeur, au château de Dom Juan. Par ailleurs, il y a plus d’une intrigue (les frères de Don Elvire qui poursuivent Dom Juan, la conquête des paysannes par Dom Juan, la statue du Commandeur, le père de Dom Juan qui reproche son comportement à son fils.). Les unités de temps, de lieu et d’action ne sont donc pas respectées.Pareillement, la comédie a des airs tragiques. En effet, plusieurs scènes dans la pièce annoncent le châtiment divin qui va tomber sur Dom Juan. Plusieurs personnages lui promettent une punition divine (Sganarelle, Don Elvire, Dom Carlos, le fantôme, la statue). Si la pièce se termine sur une touche comique avec Sganarelle, il n’en reste pas moins que le héros éponyme de la pièce est tué, sur scène, ce qui ne respecte pas la règle de bienséance. Cette comédie classique est donc complexe et ambiguë. La pièce a des accents baroques. Le baroque est un mouvement artistique qui s’appuie sur l’exagération. Au théâtre, cela se traduit par un foisonnement de décors, l’exacerbation des sentiments, la surprise.Dans la pièce, les éléments baroques sont liés au surnaturel. En effet, la statue qui bouge, le fantôme qui apparaît, le châtiment divin de Dom Juan sur scène, sont des éléments baroques. Il y a également de nombreux retournements de situation qui créent la surprise chez le spectateur. Dom Juan lui-même ne cesse de changer de comportement, de prendre des masques. La pièce s’inscrit dans un mouvement perpétuel, avec Sganarelle et son maître qui voyagent jusqu’à retourner au château. Pour finir, la pièce aborde le thème de la fatalité de la mort. Ce thème fait également partie des caractéristiques du mouvement baroque. La pièce pose la question de ce qu’est le libertinage, et si cela mène réellement à la liberté. Dom Juan n’est pas simplement un libertin en amour, c’est un libertin de mœurs. Il n’est pas simplement un grand séducteur, il est un homme d’esprit qui questionne tout, qui refuse les règles qu’on lui impose.Dom Juan ne croit pas en Dieu, c’est un athée. Il qualifie la religion de “billevesées”. Non seulement il ne croit pas en Dieu, mais il le défie. C’est pour cela aussi qu’il séduit des femmes, qu’il demande au pauvre de blasphémer, qu’il refuse d’avoir peur de la statue : Dom Juan ne veut pas croire en quelque chose de plus grand que lui. Il fait preuve d’hybris (démesure). Toutefois, on peut remettre en question la liberté que Dom Juan proclame avoir. C’est un homme seul, qui s’est coupé de tous. Il n’a que Sganarelle à qui parler, valet qui le craint plus qu’il ne l’aime. Dans sa tirade sur l’hypocrisie, Dom Juan se montre plus désabusé que convaincu par son discours. Dom Juan meurt à la fin de la pièce, tué par la statue du Commandeur. C’est un châtiment divin, qui a été annoncé dès le début de la pièce. Sganarelle le précise bien dans le dernier acte, Dom Juan est puni pour ses péchés.Cette fin semble souligner que Molière a choisi de punir son personnage, qu’il condamne le libertinage. La pièce paraît donc moralisatrice. À son époque, Molière doit obéir à certaines règles. Si Dom Juan ne se repent pas, il doit mourir, autrement cela est contraire à la morale. Par ailleurs, Molière n’a pas dressé un portrait très positif des autres personnages de la pièce. Même si Dom Juan meurt, ses critiques de la religion, et sa peinture d’une cour royale hypocrite, restent des dénonciations de la société française. La tonalité tragique de la pièce permet aussi d’affirmer que le dramaturge ne condamne pas complètement son héros. La fin est donc ambiguë. “Voilà par sa mort un chacun satisfait : Ciel offensé, lois violées, filles séduites, familles déshonorées, parents outragés, femmes mises à mal, maris poussés à bout, tout le monde est content”. Molière fait une satire de sa société. Il se moque des médecins, comme il l’a souvent fait ( Le Malade imaginaire, Le Médecin malgré lui,). Cette satire passe par le déguisement, avec Sganarelle, valet superstitieux, qui porte le costume de médecin. Dom Juan à cette occasion explicite ce qu’il pense de la médecine, la comparant à une illusion. Il suffit d’avoir le vêtement pour être médecin. La médecine n’est qu’une croyance.La cible première de Molière dans la pièce est la religion. Dom Juan se moque des rites chrétiens, et particulièrement des coutumes chrétiennes comme l’aumône (scène du pauvre). Il dénonce ces pratiques comme étant hypocrites. Enfin, Molière peint une société hypocrite, attachée aux apparences. Si on cache bien ses mauvaises actions, alors on n’a pas de souci. La société ne condamne pas vraiment le libertinage, elle condamne la vérité, elle condamne celui qui ose déclarer haut et fort qu’il est libertin. : Dom Juan – 1L – Profil d’œuvre Français – Kartable

See also:  QuEst Ce Que La Lune Montante Ou Descendante?

Pourquoi la pièce Dom Juan a été interdite ?

Molière, la censure littéraire, et le déclin de l’Ancien Régime Isabela Valencia Cet article réexamine les œuvres de Molière dans un contexte socio-politique afin de mieux comprendre l’histoire de la censure littéraire sous l’Ancien Régime de France.

D’abord, nous expliquerons l’histoire de la censure en France jusqu’au 17ème siècle afin de placer certaines œuvres de Molière dans le contexte de l’époque où elles ont été écrites. Ensuite, nous analyserons Tartuffe, Le Festin de Pierre, et d’autres œuvres littéraires pour voir comment elles ont changé sous la censure française, et pourquoi les œuvres ont été modifiées en premier lieu.

Enfin, nous examinerons les différences de publication des œuvres de Molière hors de France, et expliquerons également comment plusieurs auteurs français ont publié hors du pays pour éviter la censure. L’analyse des œuvres de Molière dans ce contexte aidera à illustrer comment la censure en France au 17ème siècle a conduit au déclin de l’Ancien Régime.

L’insistance de la préservation des idées malgré une censure stricte est emblématique des idées des Lumières qui inspireront une révolution. La censure faisait partie intégrante de l’Ancien Régime. Au Moyen Âge, l’objectif principal de la censure littéraire était d’imposer un ensemble de code moraux. L’Ancien Régime, et par extension l’Église, craignaient que l’hérésie ou la sédition se propagent au grand public.

Á partir du 13ème siècle, l’Université de Paris était la principale source de censure en France. Elle était responsable de vérifier les manuscrits et de s’assurer qu’ils répondaient aux demandes de l’Église et de l’État (Goldzweig 287). Cependant, la censure littéraire n’était pas répandue en France jusqu’à l’invention de l’imprimerie.

  1. Les connaissances et les idées étaient plus accessibles et donc beaucoup plus difficiles à contrôler.
  2. Au 16ème siècle, François Ier signe un édit qui interdit la vente de livres non approuvés par l’Université de Paris.
  3. La Faculté de Théologie de l’Université de Paris a également commencé à publier des listes de livres interdits pendant cette période.

Nombreux auteurs de cette période, comme Rabelais, ont été censurés à cause de cet édit (290). Il est intéressant de noter qu’à un moment donné, l’Université de Paris a tenté d’arrêter complètement l’impression de livres en France, bien que cela n’ait jamais été réalisé.

Un exemple de ce qui était traditionnellement censuré en France est Histoire Critique du Vieux Testament de Richard Simon. Ses écrits sont liés à sa critique de la manière dont la Bible a été traduite en français, ainsi qu’à une analyse historique générale du Vieux Testament. À l’origine, les sujets controversés du livre étaient justifiés comme faisant partie d’un débat intellectuel sur la Bible, qui était un sujet populaire des livres à l’époque.

Simon avait en fait travaillé avec l’Université de Paris pour s’assurer que son œuvre était approuvée, et il était même imprimé et prêt à être publié (Lambe 156). Cependant, l’évêque de Condom a réussi à obtenir le livre de Simon avant sa publication et l’a considéré comme blasphématoire, et parce que cet évêque était très influent en France, le livre a été censuré.

  • Richard Simon a perdu son emploi à l’Oratoire de France parce que son livre a été censuré, et si des copies d’ Histoire Critique n’avaient pas fait leur chemin dans d’autres pays d’Europe, le livre aurait complètement disparu.
  • Il faut également noter que la monarchie française ne se souciait pas vraiment d’ Histoire,

C’est certainement l’Église qui s’est opposée au livre de Richard Simon, pas le roi. Histoire est un bon exemple de ce que l’Église a censuré en France parce que le livre a été interdit en raison de son contenu hérétique. La censure concerne strictement les interprétations de la Bible et non des questions de moralité, comme ce sera le cas plus tard dans l’Ancien Régime.

C’est au 17ème siècle que le système de censure en France a commencé à vraiment changer. L’Université de Paris a perdu son droit exclusif de censurer la littérature en France parce que le roi voulait plus de contrôles sur l’état de la censure. Un collège de censeurs royaux a été créé par des édits royaux qui ont rendu la censure littéraire plus laïque.

Richelieu croyait que, puisque certains livres ont commencé à couvrir plus que les questions théologiques, l’Église ne devait pas être la seule puissance à censurer dans le pays. Les sujets pouvant être censurés ont également été élargis pendant cette période pour inclure non seulement l’hérésie, mais aussi l’immoralité ou l’indécence.

  1. La « direction de la librairie » était un bureau national qui a été créé pendant cette période spécifiquement pour contrôler quels livres pouvaient être vendus dans les librairies en France.
  2. Ce bureau national inspectait régulièrement non seulement les librairies, mais aussi les imprimeries et les envois de livres entrant dans le pays (Darnton 511).

La « direction de la librairie » a également soutenu une guilde de libraires et d’imprimeurs, appelée « Communauté des libraires et des imprimeurs de Paris » qui a dominé l’industrie. Au milieu du 17ème siècle, l’Université de Paris perdit tous ses droits à la censure et la monarchie contrôlait toute censure littéraire en France.

Étant donné l’historique de la censure en France et de la relation partagée entre la censure littéraire et l’Église, c’est un miracle que Tartuffe et d’autres œuvres de Molière aient survécu le 17ème siècle. Tartuffe raconte l’histoire d’un gentleman arrogant nommé Orgon, qui devient amoureux d’un escroc religieux nommé Tartuffe.

Au cours de la pièce, Orgon réussit presque à détruire sa famille à cause de sa foi aveugle en l’escroc. C’est une brillante comédie satirique qui critique à la fois l’Église et l’Ancien Régime de France. Les serviteurs de la pièce sont des orateurs de la vérité pour la noblesse qui sont décrits comme insensés.

Les personnages religieux de la pièce sont décrits comme des fraudes, plutôt que comme des modèles de vertu comme on pouvait s’y attendre pour cette époque. Évidemment, une pièce critiquant non seulement la noblesse française, mais aussi le clergé était extrêmement controversée. Compte tenu du fait que l’Église et l’Ancien Régime de France étaient précisément ceux qui contrôlaient la censure littéraire dans le pays, il n’est pas étonnant que la version originale de Tartuffe n’ait été montrée qu’en privé avant d’être interdite (DeJean 54).

La deuxième version de Tartuffe créée par Molière a également été censurée et jamais présentée en public. La troisième version de Tartuffe, la version vue par le public français, a été seulement permise parce que les censeurs français ont collaboré avec Molière.

L’intervention du roi à la toute fin de la pièce est un exemple très spécifique du résultat de la censure de Tartuffe, Cette pièce est très similaire aux fabliaux du Moyen Âge ; c’est une pièce de théâtre qui se moque de la vie de la bourgeoisie. Tartuffe est également similaire aux fabliaux parce que le clergé et les femmes sont souvent des objets de ridicule.

La pièce aurait dû prendre fin avec Tartuffe obtenant tous les biens matériels d’Orgon, Elmire séduite et Orgon emprisonné. La fin discréditée de Tartuffe a suivi les traces du fabliaux ; la pièce aurait du être une tragi-comédie avec le personnage éponyme qui gagne pour l’effet comique.

Cependant, comme les normes baroques et la censure française allaient évidemment à l’encontre du message de Tartuffe, le roi est ajouté en tant que personnage « deus ex machina » pour réparer tout ce qui a mal tourné. Le roi, dans la pièce et dans la vraie vie, censure la fin de la pièce et la refait comme quelque chose qu’il trouve plus acceptable (Spingler 242).

Une autre œuvre de Molière, Dom Juan, est toujours affectée par la censure du 17ème siècle à ce jour. Dom Juan a été rapidement écrite par Molière après l’épreuve de censure avec Tartuffe, et c’était censé être une pièce satirique sur l’hypocrisie parmi la noblesse en France.

Dom Juan s’est avéré plus controversé que Tartuffe ; le personnage éponyme est un athée franc et tente les gens à pécher pendant la pièce. Le seul personnage religieux dans la pièce est le valet, et il est décrit comme superstitieux par rapport à la personnalité libre de pensée de Dom Juan. Les autorités françaises ont censuré Dom Juan après seulement quinze représentations (DeJean 59).

Pendant quelques nuits où Dom Juan a été initialement joué, certaines parties étaient encore activement censurées et des monologues entiers étaient découpés du jour au lendemain. Molière a alors dû se défendre contre des accusations d’hérésie et de subversion politique en raison du fait que son protagoniste était un athée qui séduit régulièrement les femmes, alors même que Dom Juan est envoyé en enfer à la fin de la pièce.

  • La seule version de Dom Juan encore imprimée en France est la version qui a été autorisée par les censeurs lorsque l’œuvre a été produite pour la première fois (60).
  • La version censurée de Dom Juan est mieux connue sur le nom Le Festin de Pierre,
  • Molière n’a jamais approuvé les versions de Dom Juan que le grand public a vue, et à la fin cette pièce est moins son œuvre que c’est à nouveau une collaboration entre lui et les censeurs français.

Un effet secondaire imprévu de la censure en France au 17ème siècle a été la prolifération de livres censurés dans d’autres pays. En fait, les versions originales de nombreuses œuvres littéraires françaises de cette période n’ont survécu que parce que d’autres pays ont choisi d’imprimer les versions censurées.

  • Sans le défi des librairies des pays voisins comme les Pays-Bas, de nombreuses versions censurées d’œuvres littéraires françaises auraient probablement été perdues.
  • Un livre déjà mentionné, Histoire Critique du Vieux Testament, a survécu la censure française parce que certains exemplaires ont été introduits en contrebande à Londres et à Amsterdam.

Aux Pays-Bas, la réputation d’ Histoire ajoutait seulement à sa popularité. Bien sûr, la popularité du livre aux Pays-Bas et dans d’autres pays signifie que la copie non censurée a retrouvé son chemin en France. Afin de ramener Histoire en France, certains exemplaires du livre incluaient de fausses pages de titre ou de fausses dates pour donner l’impression d’être destinés à d’autres pays (Lambe 158).

Nombreuses maisons d’édition françaises étaient situées à la frontière entre la France et d’autres pays pour faciliter la circulation des livres censurés. Pour de nombreux auteurs français, il était plus facile de vendre leur livre dans un autre pays tout en découvrant comment dépasser la censure stricte en France.

Molière n’était pas étranger à ses œuvres vendues différemment dans d’autres régions que la France tout comme Histoire, L’infamie de l’incarnation originale de Dom Juan signifiait que les futures représentations de la pièce seraient extrêmement populaires.

  1. Par exemple, une troupe théâtrale néerlandaise qui n’avait pas accès au manuscrit de Dom Juan a simplement créé sa propre pièce du même nom et a mis le nom de Molière comme auteur sur la page de titre.
  2. Même si ce n’était pas réellement la pièce de Molière, c’était quand même un grand succès.
  3. D’autres troupes théâtrales en France ont eu du succès si elles pouvaient même trouver des fragments du manuscrit original.

Un acteur nommé Champmeslé a créé une version de Dom Juan appelée « Fragments de Molière » qui avait les versions précédemment censurées de la pièce, et la version de Champmeslé était si réussie qu’elle a été jouée pendant une décennie (DeJean 61). Même la censure sévère de l’Ancien Régime n’a pas suffi à arrêter la diffusion des idées en France.

  • En conclusion, le contrôle de l’Ancien Régime sur la censure littéraire en France signifie que de nombreux auteurs, comme Molière, perdent leur vision artistique en essayant de plaire aux autorités françaises.
  • D’autres auteurs, comme Richard Simon, ont presque perdu leurs œuvres entièrement à cause de la censure, ainsi que leurs moyens de subsistance.

Cependant, certaines de ces œuvres sont devenues tristement célèbres en raison de la censure, et cette infamie a conduit d’autres pays à publier ces livres interdits avec défi. Ensuite, les maisons d’édition à la frontière française rapportaient secrètement des romans interdits en France dans un marché clandestin du livre.

Même avec la lourde censure du 17ème siècle, l’Ancien Régime ne pouvait pas empêcher les œuvres de Molière et d’autres d’atteindre la population française, conduisant à la diffusion d’idées qui a finalement mené à la chute de la monarchie. BIBLIOGRAPHIE Darnton, Robert. “The Demand for Literature in France, 1769–1789, and the Launching of a Digital Archive.” The Journal of Modern History, vol.87, no.3, 2015, pp.509–531.

JSTOR,, DeJean, Joan. “The Work of Forgetting: Commerce, Sexuality, Censorship, and Molière’s Le Festin De Pierre,” Critical Inquiry, vol.29, no.1, 2002, pp.53–80. JSTOR,, Goldzweig, Arthur. “Literary Censorship in France: Historical Comparisons with Anglo-Saxon Traditions, 1275-1940.” Comparative Literature Studies, vol.17, no.3, 1980, pp.287–304.

  • JSTOR, www.jstor.org/stable/40245677.
  • Accessed 20 Oct.2020.
  • Lambe, Patrick J.
  • Biblical Criticism and Censorship in Ancien Régime France: The Case of Richard Simon.” The Harvard Theological Review, vol.78, no.1/2, 1985, pp.149–177.
  • JSTOR, www.jstor.org/stable/1509597.
  • Accessed 21 Oct.2020.
  • Spingler, Michael.

“The King’s Play: Censorship and the Politics of Performance in Moliere’s ‘Tartuffe.'” Comparative Drama, vol.19, no.3, 1985, pp.240–257. JSTOR, www.jstor.org/stable/41153180. Accessed 1 Nov.2020. : Molière, la censure littéraire, et le déclin de l’Ancien Régime

Quels sont les défauts de Dom Juan ?

Dom Juan : les personnages – Maxicours Dom Juan de Molière Les personnages 1. Dom Juan, le personnage éponyme Dom Juan est le personnage central de la pièce : non seulement il donne son nom à la comédie mais il est présent dans presque toutes les scènes.

  1. Dom Juan est, ainsi le décrit son valet dès l’exposition, « un grand seigneur ».
  2. Il appartient à l’aristocratie (son titre « Dom » diminutif du latin dominus signifie maître) à laquelle sont attachées, comme lui rappelle son père (IV, 1), la gloire et la vertu.
  3. Dom Juan en possède aussi la richesse (sa domesticité est nombreuse), l’adresse physique (dans le maniement des armes, acte III, scènes 3 et 4) et l’aisance verbale qui fait de lui un séducteur impitoyable.

Car Dom Juan est avant tout un séducteur : on dit bien d’ailleurs aujourd’hui d’un homme charmeur qu’il est un vrai dom juan ! Sganarelle évoque dans le portrait initial qu’il dresse de son maître, le tableau de ses conquêtes ; le héros séduit toutes les femmes quelque soit leur origine sociale : de Done Elvire à la paysanne Charlotte, « il ne trouve rien de trop chaud ni de trop froid pour lui » (I, 1).

  1. Car la séduction pour Dom Juan est un vrai plaisir : il explique à Sganarelle qu’il a « un cœur à aimer toute la terre » et que rien ne peut « arrêter l’impétuosité de désirs » (I, 2).
  2. Dom Juan est un inconstant, un infidèle,
  3. Dom Juan est aussi un hypocrite, un menteur : il séduit Mathurine et Charlotte en leur offrant le mariage, promesse qu’il ne tiendra évidemment pas (II, 2 à 5) ; il donne de fausses raisons à Done Elvire pour expliquer son départ (I,3) ; il se dérobe au combat exigé par les frères d’Elvire (V, 3) prétextant le refus de Dieu ! Toutes ces dérobades et mensonges culminent aux scènes 1 et 2 de l’acte V où le héros érige en vertu l’hypocrisie ! Dom Juan se caractérise aussi par sa méchanceté : c’est un « grand seigneur méchant homme » (I, 1).
See also:  QuEst Ce Qui Permet D'Affirmer Que L'Etat Est Doté De La Personnalité Juridique?

Il aime en quelque sorte de façon sadique faire souffrir les autres. Il méprise la douleur de Done Elvire délaissée et humiliée, ou celle d’un Pierrot qui tente de préserver sa Charlotte. Il se montre aussi cruel envers le Pauvre en lui demandant de blasphémer pour gagner un louis d’or, envers M.

Dimanche venu seulement réclamer son dû, ou encore envers son vieux père qu’il méprise et n’écoute même pas. Cette absence de respect de l’autre va de pair avec un matérialisme et un athéisme stricts. Dom Juan ne croit pas au Ciel : il croit seulement que « deux et deux sont quatre et que quatre et quatre sont huit » (III, 1).

Cela se traduit par un mépris pour les sacrements de l’église comme par exemple le mariage qui n’est pour lui qu’un moyen de séduction, mais aussi par ses pêchés d’hypocrisie et de perversité. Dom Juan est donc un homme qui « ferme l’oreille à toutes les remontrances qu’on lui peut faire, et qui traite de billevesées tout ce que nous croyons » (I, 1).

  1. C’est un être en fuite qui cherche à se dérober à la société et à ses règles, à ceux qui lui réclament explications, réparations ou argent Seul le Ciel et son envoyé la Statue réussiront à l’acte V à arrêter Dom Juan et à le châtier.2.
  2. Après le maître, le valet : Sganarelle Sganarelle est le valet de Dom Juan : il le suit partout et est présent dans presque toutes les scènes sauf une.

Le nom de Sganarelle vient de l’italien sgannare qui signifie « dessiller », « ouvrir les yeux », façon ambiguë de dire sa clairvoyance ou au contraire son ignorance Sganarelle est le personnage comique de la pièce. Il fait sourire en tenant un discours prétentieux à Gusman, son égal, pour l’impressionner ; il fait sourire par sa lâcheté notamment parfois face à son maître, par le décalage entre ses discours très moralisateurs et ses actes (sa cupidité face à M.

  1. Dimanche et lors du châtiment de Dom Juan le prouvent, par sa goinfrerie, sa superstition, etc.).
  2. Sganarelle apparaît comme un personnage comique voire même bouffon,
  3. Ses relations avec son maître sont ambiguës : il le critique très sévèrement et montre sa désapprobation totale envers la conduite immorale et impie de son maître (I, 1), mais dès que Dom Juan apparaît ou fait signe de mécontentement, il se rétracte Mais au-delà de ce désaccord, on sent chez Sganarelle une certaine admiration devant ce séducteur impénitent : il apparaît alors comme un valet fidèle qui exécute les ordres de son maître.

Sganarelle est dans la pièce, entre autres personnages, le porte parole de la morale, celui qui ne cesse d’avertir Dom Juan que sa conduite entraînera son châtiment. Mais comment adopter le parti de Sganarelle alors que celui-ci n’est qu’un bouffon, peu soucieux lui aussi de morale ? De là certains ont pu dire que Molière avait à dessein choisi de ridiculiser à travers Sganarelle les hypocrites, voire les dévots, conformistes odieux déjà stigmatisés dans son Tartuffe ! 3.

  1. Les autres personnages : les opposants à Dom Juan Done Elvire Abandonnée, humiliée et délaissée, elle vient demander une explication à Dom Juan qui se dérobe (I, 3), ce qui suscite son courroux.
  2. On la retrouve à l’acte IV, apaisée, annonçant à Dom Juan sa décision de retourner au couvent et lui demandant une dernière fois de réformer sa conduite.

Dom Elvire apparaît à la fois comme un messager céleste qui, à l’instar du Spectre qui semble être son double (V, 5), annonce à Dom Juan son châtiment : « Sache que ton crime ne demeurera pas impuni et que le même Ciel dont tu te joues me saura venger de ta perfidie » (I, 3).

  • Mais elle est aussi la maîtresse qui tente de sauver de la mort son ancien amant : « Je vous ai aimé avec une tendresse extrême, rien au monde ne m’a été aussi cher que vous ; et toute la récompense que je vous en demande c’est de corriger votre vie, et de prévenir votre perte » (IV, 6).
  • Femme noble et digne, elle émeut par sa souffrance et devient presque une héroïne tragique.

Dom Louis Le père de Dom Juan apparaît seulement dans deux scènes. Il est le porte-parole de la vertu qui est pour lui inséparable de la noblesse, Il vient donc faire des reproches à son fils quant à sa conduite immorale (IV, 4). Méprisé par son propre fils, il sera la victime de son hypocrisie, puisque Dom Juan peu après lui fait croire qu’il a décidé de reformer sa conduite (V, 1 et 2).

Don Carlos et Don Alonse Comme Dom Louis, les frères de Done Elvire sont liés à l’honneur et à la vertu de leur rang. Ils viennent réclamer réparation à Dom Juan responsable de l’humiliation et du déshonneur de leur sœur. Alors que Don Alonse souhaite tuer le coupable sur le champ, Don Carlos (que Dom Juan vient de sauver) est plus indulgent : il lui laisse du temps, ce qui lui permettra de mieux se dérober à son devoir Mathurine et Charlotte Ces deux paysannes sont les victimes de Dom Juan,

Séduites par le grand seigneur et sa promesse de mariage, elles sont prêtes à sacrifier leur vertu pour devenir « Madame ». Pierrot Ce jeune paysan souhaite épouser Charlotte : il joue alors le rôle de l’amoureux transi, incompris et trompé. Sa position inconfortable, la maladresse de son langage paysan peuvent faire sourire mais suscitent aussi de la pitié,

  1. Il ne peut faire le poids face à Dom Juan qui lui est supérieur par son rang.
  2. Monsieur Dimanche Fournisseur de Dom Juan, il vient réclamer paiement de son dû (IV, 3).
  3. Si Pierrot est physiquement battu par Dom Juan, M.
  4. Dimanche bat en retraite à cause de la virtuosité langagière de Dom Juan qui le paye littéralement de mots et tout en le flattant le réduit au silence, ce qui donne lieu à une scène comique.

Le Pauvre Alors que M. Dimanche vient réclamer l’argent prêté, le Pauvre mendie un argent qui lui manque : la scène est là dramatique. Le Pauvre incarne une foi inébranlable puisqu’il refuse de blasphémer pour un louis d’or. Le personnage incarne la dignité, la vertu mais aussi la misère contemporaine de Molière.

Sa force morale sert de contrepoint à la cruauté et à l’impiété de Dom Juan.d. Les instruments du châtiment Le Spectre Apparition éphémère à la scène 5 de l’acte V, il est un envoyé du Ciel qui vient proposer à Dom Juan, si celui-ci veut se repentir, la miséricorde du Ciel. Figure féminine, il apparaît à la fois comme le double de Done Elvire et comme l’allégorie du Temps,

La Statue Ce personnage aussi surnaturel ou fantastique que le Spectre, est un noble naguère offensé et tué en duel par Dom Juan. Mais il représente autre chose que lui-même : il est l’envoyé du Ciel, non plus voix du pardon comme le Spectre mais voix de la vengeance, instrument du châtiment : « Dom Juan, l’endurcissement au pêché traîne une mort funeste, et les grâces du Ciel que l’on renvoie ouvrent un chemin à sa foudre » (V, 6). QuEst Ce Qui Fait Que Dom Juan Ne Respecte Pas Les RèGles De La ComéDie Classique?

6 j/7 de 17 h à 20 h Par chat, audio, vidéo Sur les matières principales

Fiches, vidéos de cours Exercices & corrigés Modules de révisions Bac et Brevet

Coach virtuel Quiz interactifs Planning de révision

Suivi de la progression Score d’assiduité Un compte Parent

: Dom Juan : les personnages – Maxicours

Quels sont les aspects comique de Dom Juan ?

4) L’Ironie – – Ironie de Dom Juan avec Charlotte : le spectateur comprend, s’amuse de la naïveté de Charlotte et de l’habileté de DJ. – Ironie qui peut être très grinçante : IV,4 : DJ avec son père (cruauté du personnage). Différence DJ/ Sg : DJ peut créer le comique mais il en est maître : il le fait volontairement, contrairement à S.

Quelle est la tragi-comédie ?

(1330 – 1500) –

/td>

TRAGI-COMÉDIE, subst. fém.A. − HIST. LITTÉR.1. Pièce de théâtre dont l’action est romanesque, l’intrigue tragique et le dénouement heureux. Le Cid a été donné sous le nom de tragi-comédie ( Ac.1835-1935 ).2. Pièce de théâtre dans laquelle sont entremêlés des événements graves et des incidents comiques, gais. La moitié du théâtre de Scudéry et de Rotrou, toute la tragi-comédie (.) sont imités de l’espagnol ( Civilis. écr., 1939, p.30-5).B. − Au fig. Événement, situation où le comique se mêle au tragique. Apparemment désireux d’en finir avec cette tragi-comédie, il va commettre ses méfaits le plus près possible des postes de police et des casernes de gendarmerie ( L’Événement du Jeudi, 11-17 mai 1989, p.46, col.3). − Tragi-comédie de, Cette succession de phénomènes dont l’éclat et la rapidité m’écrasent, cette tragi-comédie de l’humanité qui tour à tour me ravit et m’épouvante ( Proudhon, Syst. contrad. écon., t.2, 1846, p.79). Prononc. et Orth.:, Ac.1694: tragicomedie ; 1718: tragi-comedie ; dep.1740: tragi-comédie, Plur. des tragi-comédies, Prop. Catach – Golf. Orth. Lexicogr. Mots comp.1981, p.236: tragicomédie, Étymol. et Hist.1.1527 hist. littér. ( Celestine translate dytalien en francois, Tragicomedie de Caliste et Melibee, Paris, Galliot du Pré); 2. ca 1584 fig. ( Brantôme, Des Dames ds Œuvres compl., éd.L. Lalanne, t.9, p.664: une estrange tragi-commédie ). Empr. au lat. tragicocomœdia, tragicomœdia « tragi-comédie », comp. de tragico- (de tragicus « tragique ») et comœdia « comédie ». Fréq. abs. littér.: 58.

Quels sont les arguments de Dom Juan ?

Selon lui, le fait d’être fidèle peut conduire à la mort sociale et charnelle si elle n’est pas physique. Il pense que la fidélité tue la passion amoureuse : ‘lorsqu’on en est maître une fois, tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d’un tel amour’.

Quelle est la morale de Don Juan ?

Politique –

Publication • 13 avril 2018 Lecture • 17 minutes Version PDF

Pour ce nouveau numro du JT de Socrate, Diane Delaurens passe la question trs actuelle de la moralisation de la vie publique au crible des enseignements quon peut tirer du Dom Juan de Molire. Les multiples scandales qui animent la vie politique depuis quelques années ont fait de sa moralisation un chantier prioritaire de l’action du gouvernement, avec notamment les deux lois de moralisation du 15 septembre 2017 et la question de son éventuelle inscription dans la Constitution http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2018/03/16/la-deontologie-de-la-vie-politique-grande-absente-de-la-reforme-constitutionnelle_5272133_3232.html “>, Le droit semble pallier ainsi la déficience morale des personnalités publiques, le défaut de leur conscience de ce qui est bien et qui se traduit par un ensemble de règles de conduite. Et si, au contraire, la moralisation de la vie politique passait en premier lieu par la recherche personnelle d’une éthique de vie ? A ce titre, la littérature est un outil précieux de cette recherche métaphysique de la « vie bonne ». La pièce de Molière, Dom Juan, devrait sans doute en être le fer de lance. Le personnage de Dom Juan incarne pourtant, dans l’imaginaire commun, l’exact contraire d’une figure morale : il accumule et manipule ses conquêtes féminines, donne mille fois sa parole sans la tenir, ment effrontément se tenant ainsi bien loin du rôle de gentilhomme auquel sa naissance le prédestinait. Mais il pourrait aussi se révéler bien plus complexe qu’il n’y paraît. Dans Le mythe de Sisyphe déjà , Camus analysait en lui un homme qui vainc l’absurdité de l’existence par son amour de la vie : il la consomme, l’épuise avec passion, dans la joie et le rire qui lui sont si caractéristiques. Dom Juan se sait mortel et inutile, et il choisit de n’être rien, de ne pas s’attacher mais au contraire de vivre et d’aimer d’une manière libérale et libératrice. C’est un bon-vivant que nous dépeint Camus, et non l’homme cynique, égoïste et amoral que l’on pourrait croire. Prolongeant le geste de Camus pour regarder Dom Juan au-delà des apparences, il nous paraît possible d’offrir une nouvelle lecture du personnage qui servirait la cause de la moralité publique : un homme sincère dans ses pratiques – certes particulières – et ses valeurs propres, qui en vient à douter de lui et à tomber dans le piège de l’hypocrisie qui le conduira à la déchéance. Dom Juan nous apprend que la fidélité à soi-même est ainsi la première éthique d’une vie publique, et nous avertit du risque encouru lorsque que l’on renonce à son intégrité. Le système de valeurs d’un Dom Juan sincère Dom Juan n’adhère pas au système de valeurs religieuses qui fondent la bienséance de son temps. Il semble au contraire prendre un malin plaisir à s’en détourner, voire à le tourner en ridicule : c’est ainsi qu’il cherche à faire jurer, à l’acte III, un pauvre mendiant rencontré dans le bois. L’homme, qui passe ses journées à prier le Ciel pour ses bienfaiteurs, lui demande en effet l’aumône en échange de l’indication de la route. Plus loin, Dom Juan remet en cause la prétendue rationalité de la médecine, qu’il qualifie « art de pure grimace » , Ni les valeurs religieuses, ni les préceptes de la science ne semblent trouver grâce à ses yeux, les devoirs que sa noblesse lui prescrit encore moins. Dom Juan se tient à l’écart des systèmes de valeurs qui organisent la société de son temps. Pour autant, cela ne signifie pas que Dom Juan soit immoral : il est au contraire dépositaire d’une certaine éthique, différente de ses pairs. Cela se remarque par son action chevaleresque à l’acte III : souscrivant au code de l’honneur, Dom Juan secourt un homme seul attaqué par trois brigands, situation qu’il juge « trop inégale », Découvrant que l’individu qu’il vient de sauver est en réalité le frère d’Elvire qui le cherchait pour laver l’honneur de sa sœur en duel, Dom Juan ne se dérobera pas à ses obligations. Outre la chevalerie, Dom Juan est également attaché à la rationalité puisqu’il expose plus avant dans la pièce que « deux et deux sont quatre et que quatre et quatre sont huit, » Enfin en parlant des femmes qui l’attirent, Dom Juan fait preuve d’un certain égalitarisme : toutes ont un droit égal à le séduire, et non simplement la première qui l’ôterait aux suivantes. Le personnage semble ainsi posséder une certaine règle de conduite, rationnelle, égalitaire et chevaleresque, qui lui est propre. Au fond, la caractéristique principale du personnage est la fidélité à soi-même : il est Dom Juan jusqu’au bout, se laissant aller de femme en femme au gré des rencontres, assumant une vie peu orthodoxe aux yeux de la société de l’époque, revendiquant ses choix sans s’en cacher dans la joie et l’exubérance que lui reconnaît Camus. Et si Dom Juan était bel et bien sincère envers chacune des femmes qu’il côtoie, ainsi qu’il le clame lui-même ? En tous cas, Dom Juan fustige les hypocrisies de son temps comme le pauvre prieur de la forêt dont l’aide est en fait intéressée, et donc contraire aux principes de la religion qu’il prétend suivre formellement. C’est encore pour ces raisons que Dom Juan dénigre les médecins qui se voient attribuer des succès qui peuvent tout autant venir « des faveurs du hasard et des forces de la nature » , C’est bien selon le critère de sincérité qu’il récuse ces morales contemporaines. Dom Juan se fait ainsi, dans les trois premiers actes, le pourfendeur de l’hypocrisie : avec une confiance inébranlable en son propre jugement, il préfère décider par lui-même les éthiques qui lui paraissent valables pour les reprendre à son compte ou non. C’est ainsi que la liberté du libertinage, la rationalité et l’honneur chevaleresque prennent la place de la fidélité, des croyances pseudo-scientifiques et de l’honneur du gentilhomme. La confiance en ses propres jugements et le rejet des hypocrisies ou des facilités sociales pourraient ainsi constituer deux lignes de conduite tenables et cohérentes, dont on n’a en tout cas guère lieu de se scandaliser tant qu’elles ne conduisent pas à enfreindre les règles du droit. Dom Juan change néanmoins à l’acte IV qui annonce sa déchéance. Le pivot de l’acte IV : quand Dom Juan se perd lui-même A la fin de l’acte III, la statue du Commandeur ébranle les convictions de Dom Juan car elle remet en cause son jugement propre : a-t-il vu, oui ou non, la statue bouger la tête ? C’est sur cette interrogation que s’ouvre l’acte IV, et les pistes évoquées pour expliquer un tel phénomène : un nuage de vapeurs, une hallucination Au contraire du Dom Juan vivace et exubérant du début de pièce, on le retrouve cloîtré chez lui, maltraitant ses domestiques et s’inquiétant d’un rien, comme de l’horaire du repas. Dom Juan doute de lui, et c’est pourquoi l’acte IV favorise un retour des morales sociales et religieuses qui tentent de convaincre Dom Juan de se rallier à elles, puisqu’il ne semble plus disposer d’une éthique de vie stable. Les deux premiers systèmes de valeurs qui se présentent à lui sont humains, et Dom Juan les repousse conformément à sa morale personnelle qui est pourtant en train de vaciller. Un premier visiteur sonne à sa porte : il s’agit de son créancier, représentant l’éthique de l’argent à laquelle chacun doit se plier en société. Dom Juan le saoûle de mots pour mieux le renvoyer chez lui, ne lui laissant pas le loisir d’ouvrir la bouche. Le deuxième visiteur est le père du protagoniste, symbole des valeurs familiales et de la noblesse. Dom Juan ne lui dit rien et Dom Luis s’en va comme il est venu, avant que son fils ne déplore « de voir des pères qui vivent aussi longtemps que leurs fils » , Voilà pour les morales humaines, expédiées sans ménagement. Les deux visiteurs suivants sont en revanche bien différents, et Dom Juan ne leur réserve pas le même accueil. Elvire, devenue nonne, apparaît comme la voix de la foi chrétienne la plus pure. Elle vient prévenir un ancien ennemi, pour qui elle n’a qu’une très profonde amitié, du danger qu’il encourt s’il ne se soumet pas au Ciel. Dom Juan et Sganarelle – lequel est très touché – font de leur mieux pour retenir à dîner la jeune femme mais celle-ci s’en va. Entre alors la statue du commandeur, messager d’un ordre suprême ou surnaturel s’il en est, et que Dom Juan invite lui-aussi à dîner. Ce sera finalement la statue qui retournera l’invitation pour le lendemain devant la désorganisation de la maison du héros. Pour ces deux morales divines, Dom Juan semble hésiter : il cherche à les amadouer et à les retenir, alors que le personnage des actes précédents les aurait reniées, fort de sa foi en lui-même. C’est cette hypocrisie qui lui sera fatale au dernier acte, puisque loin de se convertir à une morale unique, Dom Juan restera hésitant entre ses propres règles de conduite et ma morale communément admise par la société. Dom Juan nous montre ici que la remise en cause de ses valeurs, et l’hésitation entre différents systèmes, correspond à un moment de doute courant dans l’existence humaine. Mais au lieu de fonder sur ce doute un nouveau système cohérent qui emprunterait possiblement à plusieurs, Dom Juan tombe dans le piège de l’hypocrisie, affichant en apparence des principes qu’il viole en secret, comme le montre le fatal acte V. La chute du Dom Juan hypocrite A l’acte V, Dom Juan a achevé sa transformation : de pourfendeur des hypocrisies qu’il était au début de la pièce, il en devient le chantre. Le jeune homme va voir son père pour s’excuser et lui annoncer son changement de vie ; il ne s’agit là en fait que de poudre aux yeux. Dom Juan expose en sortant sa nouvelle doctrine à Sganarelle : l’apparence de la bienséance lui fournit « un abri favorable mettre en sureté affaires » , De l’homme qui assumait crânement ses choix de vie au début de la pièce, il ne reste que le fond : la forme doit être lissée pour mieux se faire voir en société. Le Dom Juan, qui reprochait à la société son hypocrisie, paraît bien loin devant ce nouvel homme du monde qui en adopte pleinement les codes. Il reprend à son compte le terme de « grimace » auparavant réservé aux médecins et assume désormais pleinement de ne point juger des actions selon ses propres critères mais selon ceux de la société : « l’hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus, » Si l’on voulait en quelque sorte réemployer les mots de Camus, Dom Juan n’est plus un homme révolté : il en est devenu l’antithèse. C’est cette hypocrisie qui mène notre héros à sa chute. Son servant Sganarelle se montre ainsi très lucide : « Il ne vous manquait plus que d’être hypocrite pour vous achever de tout point, et voilà le comble des abominations, » Quand il recroise Dom Carlos, le frère d’Elvire, Dom Juan ne tient pas sa promesse : plutôt que d’accepter le duel, il se sert du Ciel comme excuse à sa lâcheté. Tombé aussi bas que la société qu’il dénonçait juste avant, se cachant de son père, de son ennemi comme du Commandeur, il sera châtié à la fin de la pièce par un « feu invisible » , On peut ainsi penser que ce n’est pas l’affront à l’égard du Ciel qui perd Dom Juan, mais le fait qu’il se détourne de lui-même. Incapable de persévérer dans sa morale après avoir vu la statue du Commandeur bouger, c’est un homme sans ancrage que nous voyons à la fin de la pièce. Comme si, pour Molière, un homme ne saurait vivre sans sa foi en lui-même et en son jugement, au risque de déplaire aux yeux de la collectivité. Un homme avec une éthique définie plutôt qu’une apparence de bienséance mondaine. Dom Juan apparaît ainsi comme le chantre d’une sincérité qu’il ne parvient pas à garder intacte dans le monde, et dont il paye le prix fort. De l’intégrité comme essence de l’humanité Dom Juan est ainsi bien loin du séducteur hédoniste invétéré parfois dépeint, mais aussi de l’hypocrite de la première heure qui serait châtié pour cela. Au contraire, Molière nous raconte ici le voyage initiatique d’un homme qui tente d’être, par lui-même, rebelle aux yeux de la société, et de fonder ainsi de nouvelles valeurs morales. A travers Dom Juan, le dramaturge nous montre le danger de dissimuler ses opinions véritables devant une moralité de façade que l’on réprouve. Dans un monde où les convictions de chacun sont tous les jours questionnées et mises à l’épreuve, il est essentiel de s’y tenir, tout en les questionnant et en les adaptant au fil de sa vie, mais de ne jamais renier ce que l’on est, particulièrement si l’on veut en tant qu’homme politique mériter la confiance du peuple. A ce titre, Dom Juan est une lecture salvatrice qui nous rappelle l’importance de l’intégrité dans la condition humaine, et publique

See also:  QuEst Ce Que Ou Qu'Est Ce Que?

Quels sont les enjeux de Don Juan ?

Spécial bac français : les trucs à retenir sur Dom Juan Le courant littéraire : Le classicisme, qui est le courant majeur à partir des années 1660, alors que Louis XIV règne à la cour. Mais Dom Juan respecte peu les règles du théâtre classique telle que l’unité de lieu (5 décors) ou l’unité de temps (36 heures au lieu de 24).

  • On ne peut pas dire non plus qu’il y ait vraiment unité d’action car la pièce compte beaucoup d’intrigues et d’opposants.
  • On retrouve beaucoup d’éléments du théâtre baroque, qui se caractérise par le mouvement, les effets de surprise et l’exacerbation de l’élan amoureux.
  • Le personnage principal : Dom Juan, un jeune noble qui vit en Sicile avec son fidèle valet Sganarelle.

Infidèle, c’est un séducteur qui accumule les conquêtes amoureuses. Il séduit tout ce qui croise sa route, les jeunes filles nobles comme les servantes. Libertin, blasphémateur, Dom Juan est un être totalement inconstant. Les femmes qu’il séduit sont ensuite bafouées sans vergogne.

  • Comparez Dom Juan à :
  • – à Casanova, l’aventurier et écrivain italien du dix-huitième siècle, pour son comportement de séducteur et son aisance à manier l’épée.
  • – à Valmont des Liaisons dangereuses, le séducteur du roman épistolaire de Choderlos de Laclos
  • – voire à Bel-Ami de Maupassant, pour ses conquêtes insatiables de femmes
  • L’argument qui tue : « Dom Juan est un impie qui défi Dieu »

La pièce de Molière est à l’origine d’un énorme scandale. Écrite juste après Tartuffe, où Molière fustigeait l’hypocrisie de certains dévots, elle semble aux yeux des religieux de l’époque une apologie du libertinage. Molière qualifie d’ailleurs son héros de « grand seigneur méchant homme ».

  1. Le film à voir en complément :
  2. – Dom Juan ou le Festin de pierre (1965), un téléfilm français de Marcel Bluwal, avec Michel Piccoli dans le rôle de Dom juan et Claude Brasseur dans le rôle de Sganarelledont voici un extrait :
  3. – Dom Juan (1998), un film de Jacques Weber, avec Emmanuelle Béart et Michel Boujenah dans le rôle de Dom Juan
  4. Les citations importantes :
  5. “L’hypocrisie est un vice à la mode et tous les vices à la mode passent pour vertus.”
  6. “Tout le plaisir de l’amour est dans le changement.”
  7. “On n’a pas besoin de lumière, quand on est conduit par le Ciel.”
  8. Les grands thèmes de Dom Juan :

L’impiété : elle va de pair avec un certain matérialisme de Dom Juan et l’athéisme du personnage. Dom Juan ne croit pas au Ciel. Il méprise les sacrements de l’église comme par exemple le mariage qui n’est pour lui qu’un moyen de séduction. La transgression : Dom Juan transgresse les mœurs.

Il ne respecte pas du tout les femmes, le mariage, ni les règles sociales en général. Il vit à l’écart de la société des hommes, est constamment en fuite (face aux frères d’Elvire par exemple), et représente un danger pour la société dans la mesure où il séduit toutes les femmes, même celles promises à d’autres que lui.

Il transgresse aussi les règles imposées par son rang. Son père, Dom Louis, l’accuse même d’être la honte de sa famille. Enfin, Dom Juan transgresse la religion et la croyance en Dieu. C’est un être déviant sur toute la ligne. La séduction : Dom Juan est avant tout un séducteur : on dit bien d’ailleurs aujourd’hui d’un homme charmeur qu’il est un vrai dom juan ! Sganarelle évoque dans le portrait initial qu’il dresse de son maître, le tableau de ses conquêtes.

Le héros séduit toutes les femmes quelque soit leur origine sociale : de Done Elvire à la paysanne Charlotte. Pour Dom Juan, séduire est un vrai plaisir. Et il explique à Sganarelle qu’il a « un cœur à aimer toute la terre » et que rien ne peut « arrêter l’impétuosité » L’hypocrisie et la méchanceté : Dom Juan est un menteur.

Par exemple, il séduit Mathurine et Charlotte en leur promettant de les épouser. Promesse qu’il ne tiendra évidemment pas. Il se caractérise aussi par sa méchanceté. Par exemple, il méprise la douleur de Done Elvire qu’il abandonne, humiliée, ou celle de Pierrot qui tente de préserver Charlotte.

  1. Il se montre aussi très cruel envers le Pauvre en exigeant de lui qu’il blasphème en échange d’un louis d’or.
  2. Enfin, il va jusqu’à souhaiter la mort de son vieux père.
  3. L’erreur à éviter quand on parle de Dom Juan : « Molière fait l’apologie du libertinage » «Libertin», à l’époque, qualifie les athées, les matérialistes et les esprits irréligieux, adeptes de la philosophie d’Epicure, et connote souvent la dépravation morale et le «grand aveuglement» de la recherche égoïste du plaisir.

En ce sens, Dom Juan est un adepte du libertinage. Mais ce personnage ne fait pas de l’auteur de la pièce un libertin militant. La morale deDom Juan ne fait pas l’apologie de la dépravation ni de l’athéisme. Molière est un moraliste et un satiriste. Il dénonce les vices de son personnage.

  • Pour mieux réviser, retrouvez aussi : Théâtre, ce qu’il faut connaître pour le bac
  • Et notre dossier spécial bac français !
  • dernière mise à jour : 30 janvier 2012

: Spécial bac français : les trucs à retenir sur Dom Juan

Quel est le défaut de Sganarelle ?

Molière en habit de Sganarelle Molière en habit de Sganarelle Molière Personnage comique créé par Molière dans le Médecin volant, Personnage principal, faire-valoir, opposant, ou complice, il s’illustre dans toutes les conditions et tous les états : apparaissant dans un total de sept pièces, le personnage prendra de l’âge et plusieurs visages.

D’abord valet rusé dans le Médecin volant ; il est mari jaloux dans Sganarelle ou le Cocu imaginaire (1660), puis tuteur possessif dans L’Ecole des maris (1661), barbon et dindon de la farce dans le Mariage forcé (1664), enfin père égoïste et crédule dans l’Amour médecin (1665). Il a pris de l’étoffe dans ses deux dernières apparitions : valet poltron, complice et confident de son maître, dans Dom Juan (1665) et faux médecin, plein de vices mais sympathique, dans le Médecin malgré lui (1666).

Le plus souvent joué par Molière lui-même, Sganarelle supplante Mascarille et annonce Scapin, Humain et plein de défauts (il est tour à tour vénal, incompétent, tyrannique, paresseux, égoïste), il est au cœur de la farce et le contrepoint au pathétique.

Pourquoi Dom Juan ne croit pas en Dieu ?

Dom Juan et la religion – La religion de référence est le catholicisme, une religion d’Etat. L’athéisme n’est jamais avoué. Or le personnage de Dom Juan scandalise en 1665 par son comportement libertin, c’est-à-dire libre par la pensée au point de vouloir s’affranchir du dogme religieux et libre dans les mœurs puisqu’il est un séducteur invétéré.

  • Cette position est intenable au XVIIème siècle qui condamne l’athéisme.
  • Il convient de noter cependant qu’au XVIIème siècle, de nombreux penseurs refusent d’admettre les dogmes des églises : les amis d’étude de Molière et le philosophe Gassendi qui enseigne les mathématiques au Collège de France suit les traces de Galilée qui a été condamné par l’Eglise en 1636 pour avoir affirmé « E pur si muove » (« Et pourtant elle tourne ») en parlant de la terre.

C’est à la lumière de ce contexte que l’on peut apprécier la pièce de théâtre dont le dénouement sanctionne le personnage.

Pourquoi Don Juan est un manipulateur ?

Dom Juan – 1ère – Profil d’œuvre Français – Kartable Pour profiter de 10 contenus offerts. Pour profiter de 10 contenus offerts. Dom Juan ou le Festin de pierre Sganarelle est sur scène au début de la pièce, il fait un éloge du tabac. Il parle ensuite avec Gusman, l’écuyer de Done Elvire. Sa maîtresse s’inquiète du départ précipité de son époux. Sganarelle fait un portrait assez terrible de Dom Juan, son maître. Ce dernier arrive alors, et parle à son valet de libertinage. Il veut enlever une jeune fiancée. À la campagne, le paysan Pierrot raconte à Charlotte comment il a sauvé Dom Juan et Sganarelle. Les deux hommes arrivent. Pierrot s’en va, et Dom Juan convainc Charlotte de l’épouser. Pierrot revient alors et veut les séparer. Arrive alors Mathurine, à qui Dom Juan a aussi promis le mariage. Les deux femmes exigent des explications. Dom Juan arrive à les tromper. Il s’en va ensuite. Dans la forêt, Dom Juan est déguisé en habit de campagne et Sganarelle en médecin. Ils parlent de médecine et religion. Ils croisent un pauvre et lui demandent leur chemin. Dom Juan essaie de le faire blasphémer, mais il ne peut pas. Il sauve ensuite un gentilhomme attaqué par des brigands. L’homme est Dom Carlos, le frère de Done Elvire. Lui et son frère, Dom Alonse, recherchent Dom Juan pour laver l’honneur de leur sœur. Il reconnaît Dom Juan et veut se battre avec lui. Mais par gratitude, il accepte d’attendre. Dom Juan et Sganarelle arrivent devant le tombeau du Commandeur et Dom Juan demande à Sganarelle de l’inviter à dîner. La statue bouge et fait un signe de tête. Dom Juan est chez lui, prêt à mettre la table, et plusieurs personnes viennent le voir. Le créancier, Dom Louis son père ou encore Elvire lui rendent visite pour le persuader de changer ses mœurs, ce que le héros refuse. Dom Juan et Sganarelle vont dîner quand la statue du Commandeur apparaît. Elle invite Dom Juan à manger le lendemain.Dom Juan annonce à son père qu’il a décidé de changer de vie. Sganarelle et Dom Louis sont ravis. Mais en fait Dom Juan fait semblant. Le fantôme d’une femme le pousse de nouveau à se repentir. Il refuse. La statue du Commandeur arrive alors et le pousse dans les flammes de l’enfer. Seul, Sganarelle pleure car il n’a pas été payé. La pièce de Molière a fait scandale à son époque. Elle est écrite juste après Tartuffe, pièce dans laquelle Molière se moquait de l’hypocrisie des dévots. Déjà, il avait été attaqué, et de nouveau pour Dom Juan il est accusé d’impiété. La pièce semble être une apologie du libertinage. Molière décrit lui-même son héros comme un “grand seigneur méchant homme”. Mais plus que la luxure de Dom Juan, c’est sa relation à Dieu qui choque, la façon dont il en parle. On peut presque parler d’athéisme. Dom Juan en tout cas défie Dieu, il blasphème. Il refuse de se repentir. La pièce est donc interdite un mois après sa création car elle choque la morale religieuse. Dom Juan transgresse les mœurs. Il ne respecte pas les femmes, il ne respecte pas le mariage, il ne suit aucune des règles sociales qu’un gentilhomme doit respecter. Il vit à l’écart de la société, il est lâche, il fuit. Il est un danger puisqu’il cherche sans cesse à séduire. Il cherche même à avoir des femmes mariées. Dom Juan est bien avant tout un séducteur. Sganarelle parle d’ailleurs de ses conquêtes dès le début de la pièce. Pour lui, séduire est un plaisir. Il dit d’ailleurs qu’il a “un cœur à aimer toute la terre”.Dom Juan n’obéit pas à son père non plus. Il est une honte pour la famille. Surtout, il défie Dieu. C’est un personnage en perpétuelle transgression. Dom Juan est un menteur et un manipulateur. Il séduit Mathurine et Charlotte en leur promettant de les épouser. Il ne tient pas sa promesse, mais il se moque aussi d’elles, les manipule, ménage la chèvre et le chou. Il se moque des fiancés, des frères, des amis. C’est un homme méchant. Ainsi, il rit presque de la douleur de Done Elvire qu’il a abandonnée après l’avoir séduite. Il se moque de Pierrot qui tente de protéger Charlotte. Il exige aussi de l’homme pauvre qu’il croie qu’il blasphème, autrement il lui refuse l’aumône. Il souhaite même la mort de son père. L’hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus. Dom Juan, Acte V, scène 2. Sganarelle est un valet de comédie. Il est plus présent sur scène que le personnage éponyme. Il a donc une grande importance. Il paraît une antithèse de son maître. Il est aussi lourd que son maître est spirituel, aussi moralisateur que Dom Juan est cynique, et surtout superstitieux quand l’autre est presque athée. C’est grâce à lui que la pièce est comique, puisqu’il ne cesse d’être ridicule et de faire rire. Ainsi, dès que la pièce devient tragique, Sganarelle rappelle que c’est une comédie. Particulièrement à la fin, lorsque Dom Juan meurt et qu’il réclame ses “gages”.Malgré son caractère ridicule, c’est un homme qui essaie de faire entendre raison à son maître, de le mettre sur la voie de la morale, même s’il a peur de Dom Juan. Il cherche souvent à prévenir les autres du caractère de son maître. Ceci étant dit, on peut dire que Sganarelle est plus hypocrite que son maître. En effet, Dom Juan ne cache pas ses idées. Sganarelle est plus superstitieux que vrai religieux. Il est lâche, il est avare, il est égoïste. S’il met en garde certains personnages, il n’en reste pas moins complice de Dom Juan. Il semble parfois vivre par procuration, à travers son maître. C’est par crainte donc, et non par réelle foi, qu’il obéit à la religion. S’il était convaincu de l’impiété de Dom Juan, nul doute qu’il s’en irait. D’ailleurs, dans la scène du pauvre, il pousse aussi l’homme à blasphémer. Il ne voit pas le problème, puisque c’est pour de l’argent. Dom Juan et Sganarelle forment un célèbre couple théâtral. Le couple maître et valet au théâtre est une invention qui date de la comédie espagnole et ou italienne. Le valet est alors souvent l’opposé comique du héros. Ridicule, il est un faire-valoir. Il est aussi le messager entre la scène et le public. Sganarelle répond bien à la tradition en ce sens.Mais Sganarelle, et c’est plus rare chez Molière, est un valet passif, qui suit son maître, qui l’observe, parfois avec effroi, mais toujours l’accompagne. Il écoute toujours Dom Juan, il le sermonne, il le conseille. Il semble parfois être plus un ami ou une écoute qu’un valet. Les personnages semblent avoir besoin l’un de l’autre. Dom Juan ne peut être lui-même qu’avec Sganarelle. Il a besoin que quelqu’un l’écoute, que quelqu’un connaisse ses trahisons, ses plans. Les différences sociales s’effacent ainsi parfois, et on pourrait presque parler de rapport d’égal à égal. Si la relation est complexe, elle peut néanmoins faire penser à une amitié plus qu’à un lien de maître à valet. : Dom Juan – 1ère – Profil d’œuvre Français – Kartable

Quelles sont les règles de la comédie classique ?

Elle conçoit 3 règles : le temps la pièce ne doit pas dépasser 24H ; le lieu Les auteurs des pièces de théâtre doivent obéir à des règles, en particulier pour la tragédie. La règle de la vraisemblance. La comédie de mœurs peint les travers d’une société.

Quel sont les règles du théâtre classique ?

Une structure interne + une structure externe – La structure externe d’une pièce, c’est son architecture :

Cinq actes Entre 1 500 et 2 000 vers Alexandrins dans la plupart des pièces Chaque acte est divisé en scène Importance accordée aux monologues, aux récits, à l’échange de longues tirades (ceci permettait d’obtenir des moments de silence de la part du public, à l’époque très remuant !)

La structure interne d’une pièce concerne sa progression dramatique :

Le sujet doit être connu dès les premières scènes Chaque acte doit avoir une unité interne Chaque acte doit se terminer sur un suspens pour créer une attente de l’acte suivant Le dénouement doit être nécessaire, complet et rapide

Qui definit les règles du théâtre classique ?

LA REGLE DES TROIS UNITES – Le développement de la pièce classique doit obéir au principe d’unité défini par Boileau ( Art poétique, 1674) : «Qu’en un lieu, en un jour, un seul fait accompli tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli». La règle des trois unités vise à renforcer l’illusion théâtrale en réduisant l’écart entre action et représentation.

L’UNITE D’ACTION Elle vise à supprimer les intrigues secondaires et à concentrer l’intérêt dramatique autour d’une action unique. L’UNITE DE TEMPS Elle resserre les faits et les limite à vingt-quatre heures. Cette règle cherche à entretenir l’illusion d’une coïncidence entre la durée de la fiction et le temps de la représentation.

L’UNITE DE LIEU Elle résulte des deux premières. L’action se déroule dans un espace unique (ex. : la salle d’un palais). Ajoutons l’unité de ton qui découle de la volonté de séparation des genres chez les classiques (tragédie d’un côté, comédie de l’autre) et impose à chacun sa spécificité en matière de sujet, de héros et de niveau de langue et de ton.

Pourquoi Molière critique la religion ?

Ainsi, la pièce met en scène deux conceptions de la religion, une forme austère que notre poète stigmatise au travers des personnages ridicules, Orgon et Mme Pernelle, et une pratique plus mondaine et plus « raisonnable », autrement dit plus laxiste et plus dangereuse.

Quel est le stratagème dans Dom Juan ?

C – Une critique de la société contemporaine – Les dévots ne sont pas les seuls touchés : par la généralisation évoquée plus haut, ce sont tous ses contemporains qui sont remis en cause. Ainsi, ce ne sont pas les vertus mais les vices qui sont « à la mode », et tous suivent la mode pour ne pas se faire exclure.

  • Le terme de « mode » n’est pas flatteur, car il caractérise un mode de vie qui change rapidement : la société n’est donc pas constante, ses comportements varient au gré des modes.
  • Ce « stratagème » qu’est l’hypocrisie profite des plus faibles et les manipulent (« ceux-là, dis-je, sont toujours les dupes des autres »), comme l’illustre l’aphorisme final : « C’est ainsi qu’il faut profiter des faiblesses des hommes ».

Paradoxalement, le « sage » est donc celui qui vit selon les « vices de son siècle », renversant les valeurs traditionnelles,

Quelle est l’intrigue de Dom Juan de Molière ?

Résumé de Dom Juan de Molière (1665) – Dom Juan est présenté par son valet, Sganarelle, comme un séducteur impénitent, prêt à tout pour gagner les faveurs des femmes dont il tombe amoureux. Au début de la pièce, il fuit sa dernière conquête, Done Elvire, qu’il vient d’arracher à un couvent et d’épouser.

Mais Dom Juan a d’autres amours en tête : il prévoit l’enlèvement d’une jeune mariée, fait naufrage, est secouru par est paysan et séduit deux jeunes femmes du village. Pourchassé par les frères de Done Elvire qui veulent venger l’honneur de leur sœur, Dom Juan trouve sur sa route la statue d’un commandeur qu’il a tué.

Par provocation, il l’invite à dîner ; la statue lui fait signe qu’elle accepte l’invitation !

Est-ce que Dom Juan est une comédie ?

1650 mots 7 pages Don Juan est-il comique ? INTRO : Les critiques, les écrivains, les metteurs en scène offrent de DJ des images diffractées. L’opacité du personnage se prête, il est vrai, à des lectures différentes voire opposées. Mais aucune interprétation ne peut faire l’économie du genre que Molière a choisi pour sa pièce : Dom Juan est une comédie.

Certes le genre est souple à des tonalités variées, mais il trace une voie de lecture. Ainsi nous pourrions attendre légitimement que DJ soit aussi comique que Harpagon ou Alceste ! En effet, l’hypocrisie ou la misanthropie trouvant leur figure ridicule, pourquoi le libertinage incarné par DJ ne serait-il pas l’objet d’une satire ? Alors d’où vient que le comique de DJ est moins risible que celui des autres héros de Molière ? N’est-ce pas plutôt Sganarelle, goinfre et couard (II, 4) qui est chargé d’assurer la comédie, épargnant ainsi cette fonction à son maître ? Don Juan est-il comique ? Multiforme, DJ joue des rôles contradictoires : manipulateur des marionnettes ridicules que sont ses victimes ou victime de son destin qu’il perçoit mal.

DJ est aussi prisonnier du comique involontaire de sa révolte aveugle. On peut alors se demander si Molière n’a-t-il pas créé à l’occasion de ce personnage inclassable une autre sorte de comique, moins risible et plus obscur ? I/ Un libertin comique. DJ est un séducteur mythique dans la représentation que s’en fait chacun : il est le triomphe de la virilité conquérante pour les hommes et pour les femmes une image idéale d’amant fatal.

Le DJ de Molière répond-il à cette représentation séduisante? est-il bien conforme à sa réputation ? DJ est-il un véritable séducteur ou une caricature de séducteur ? 1) DJ est-il un séducteur séduisant ? – II, 1 : Pierrot affirme, pour reprendre les termes de Charlotte, que DJ est « bien pu mieux fait que les autres hommes ».

Or Pierrot est surtout impressionné par les vêtements de DJ et leur cascade de tissus et de dentelles. Ainsi on peut mettre

    Quel est le style de Dom Juan ?

    Fiche d’identité de l’oeuvre 🔎

    Auteur Molière
    Date 1665
    Genre Comédie
    Courant littéraire Classicisme

    Pourquoi Don Juan est une tragédie ?

    Présentation de l’oeuvre – Dom Juan ou le Festin de Pierre, est une pièce de théâtre en cinq actes de J.B Poquelin, connu sous le nom de Molière et représentée pour la première fois en 1665. On y voit les dernières trente-six heures de l’existence de Dom Juan Tenorio, grand séducteur, accompagné de son valet Sganarelle, valet peureux. QuEst Ce Qui Fait Que Dom Juan Ne Respecte Pas Les RèGles De La ComéDie Classique? Molière est sans aucun doute l’un des auteurs qu’il faut avoir lu dans sa vie pour prétendre connaître la littérature française!

    Est-ce que Dom Juan est une pièce baroque ?

    Oeuvres – – L’Illusion comique (Corneille) : pièce baroque, un père pense que son fils est mort, alors qu’en réalité il a rejoint une troupe de théâtre. Le père va assister à une pièce, et le spectateur assiste à une mise en abyme. – Dom Juan ou le Festin de pierre (Molière) : est parfois qualifiée de pièce classique, parfois de baroque.